Mardi 10 novembre, départ pour ce nouveau voyage, qui sera avant tout un pélerinage, une découverte de la vie seul à bord et une appréhention des retrouvailles des nombreux amis, voyageurs européens, expatriés et Marocains.
Traversée de l'Espagne, un petit pincement en traversant Jaca où nous nous étions arrêtés pour faire une couleur, pour qu'elLe soit belle en arrivant en France. Mais elle était toujours belle et resplendissante. Première nuit après Madrid sur une aire de service. Départ le lendemain tôt pour arriver vers 16 h à Elgasiras et traverser en ferry. Prix du billet AR: 240 €. Sur le bateau, j'appelle JP à qui j'avais rendu visite en juillet. Surprise, il est à Algésiras, je viens de quitter cette ville et lui donne rendez vous à Larache, mais il me dit qu'il remonte, il a déja passé un mois et demi ici.
Nuit à Ceuta, soirée dans les rues de la ville, j'ai passé 2 heures sur le siège en granit où elle a posé pour la photo. Départ le lendemain tôt, passage frontière comme une lettre à la poste. A Tetouan, passage à la banque pour changer 500 €. Installation à Larache, activation de la clée 3G pour internet. Il fait une chaleur torride! Je fais connaissance de voisins qui connaissent le site et se souviennent nous avoir vus passer chaque jour devant leur emplacement à Atlantica parc. "tu te souviens chérie, ils étaient toujours ensembles, bien bronzés"... C'était bien nous!
Quatrième jour de route, les paysages défilent et remuent mes souvenirs. Personne ne me demande l'arrêt nescafé dans la cabane. Ce matin, je n'ai fait le café que pour moi. A Rabat, je m'arrête chez les frères qui tiennent le comptoir d'Agadir. "Salut les Lyonnais, pardon le Lyonnais"
Etreinte très intense, on s'embrasse,on se serre et tout le personnel vient me soutenir. Des mots réconfortants, des encouragements à continuer ma vie d'une autre façon. Je suis bien entendu invité au couscous et j'achète des plaquettes de frein ainsi que deux tubes de silicone. Ils refusent mon paiement. Je leur dit que c'est gênant, ils ne veulent rien entendre. Au moment de partir, Mohamed m'accompagne pour me mettre sur la direction de Casa. Il me demande encore si j'ai besoin d'huile ou d'autres pièces. C'est ainsi chaque année! Ils sont d'une gentillesse non déguisée et d'une rare hospitalité.
Arrivé à El Jadida, le gardien me demande si la gazelle va bien. Il se souvient quand nous avions consolé ce pauvre Lyonnais qui avait perdu sa femme en février de cette année. Il est stupéfait quand je lui annonce la nouvelle. Il ne parle plus et se tient la tête! Un long silence. Il me propose le branchement électrique gratuit. Je m'installe et consulte mes emails. Tout le monde me suit à dstance, Laurent d'Ormes, Fabien, Jean Charles, les Hollandais, Oliver le parapentiste...Je me connecte sur MSN et en même temps, James, Fabien, Rodolphe et ma soeur m'accaparent. Je ne sais plus où donner de la tête. Eric au téléphone et SMS de Stéph. Sans oublier bien sûr Christelle qui est à son poste tous les soirs. J'ai également un mail de José, nos voisins de l'hiver dernier que j'ai croisé dans Pau en partant. Et puis, il y a mon Caliméro qui m'encourage. Il va être l'heure de se coucher, je me sens bien d'avoir eu tant de monde. Le compteur du site internet affiche plus de 17 000 visites.Demain, nouvelle épreuve, je vais retrouver Isabelle, Didier et Michelle.
Le petit snack où nous allions chaque année
Aujourd'hui, je dois regarder mes plaquettes de frein, faire la lessive, téléphoner en France au propriétaire de la petite maison que j'ai acheté. La toute petite maison de village dans le sud dont nous rêvions depuis si longtemps. Ce rêve s'était écroulé à la suite de contrariétés extérieures. Nous allions nous installer dans un bled près de Lyon, contraints d'abandonner notre rêve! Je l'ai cette toute petite maison de village, au soleil comme elle le souhaitait. Ce n'est pas grand, pas cher, bien placé, mais je me suis mis un crédit de dix ans.
En descendant à la ville, je croise les ânes dont la condition révoltait Brigitte, les chats errant qui l'appitoyaient, les vieilles femmes qui fouillent les poubelles, j'entends le bruit de la mer, je retrouve ces odeurs, les taxis, et tous ces gens qui flânent. Je donne rendez vous à Sébastien, ce petit français qui a choisi de vivre au Maroc, ce gamin qu'elle aimait beaucoup. Il est triste. Je suis pitoyable, incapable de dissimuler ma peine.
Hicham , le couturier d'Agadir, me téléphone. Il sait par les Hollandais Jacques et Mariane que je vais arriver. Je lui demande de saluer Boujama qui m'appelle une heure plus tard et me parle de dieu. Je serai là bas dans quatre jours, après une halte à Essaouira. Quand je rentre au camping, je découvre que je n'ai rien déballé autour de notre cabane. Je n'ai rien sorti des coffres, les sièges, la table, les transats, le tapis de sol! Il n'y aura pas non plus le traditionnel "nes" entendez café soluble, que nous prenions systématiquement en réintégrant notre cabane, notre "JMEL CHIBANI" El Jadida s'est métamorphosé, les rues sont propres, il y a des poubelles tous les 100 m, des jeunes couples se tiennent par la main... Très agréable.
et les centaines de joueurs de foot du dimanche
Il n'est pas tard et je me connecte sur mon site en rentrant, j'irai ensuite sur MSN. Il fait chaud.
Ce matin, il fait doux, je vais retrouver Isabelle et Didier et nous retrouvons les gens de la dernière fois. Didier m'invite au restaurant à poissons, et ensuite, nous allons prendre un café et patisserie. La discussion est bien entendue très orientée, mais difficile de parler d'autre chose. Michelle est en France, je la verrai donc au retour. Puis j'appelle Sébastien qui me présente sa copine Asmah. Nous passons au Ccar boire un verre d'eau fraiche, il fait au moins 35° à l'intérieur.
La nuit sera très chaude, les couettes sont virées et le lanterneau ouvert en grand.
Départ pour Essaouira, 5 h de route. J'ai l'impression de l"avoir quitté la veille. Toutes ces mouettes qui tournent, les pêcheurs, les barques bleues et la médina grouillante. Je m'installe à une terrasse, mais le coeur n'y est pas. Je me demande ce que cherchent les oiseaux en tournant autour de moi!
8 h, départ pour Agadir. Les petits vendeurs au bord des routes avec 10 carottes, 2 paquets de cigarettes et un bouteille d'argan, les taxi mercedes bondés et les chèvres dans les arbres. Ces arganiers ressemblant aux bonsaï. A 11 h, arrivé à Agadir après 2700 km et envron 240 € de gas oil, compris le carburant marocain à 70 cts. Hassan me voit arriver de loin et vient vers moi, pas de commentaire, mais une poignée de main ferme et émouvante. Puis Hicham qui a le meme comportement, Ali le coiffeur de Brigitte qui me serre dans ses bras et le peintre également. j'ai l'impresion que tout le monde m'attendait. Rachid a beaucoup de pudeur, il n'ose pas me parler. Je rends visite à Jacques et Mariane, mon interface avec le personnel du camping. Je retrouve ensuite les gens que j'ai croisés à Larache. Bon sang, Elle est absolument inoubliable, elle a répandu son aura, on me regarde comme si il me manquait un membre, les regards sont tristes. Une fois installé, au même emplacement que l'année dernière, c'est Boujama qui vient me rendre visite. C'est un grand croyant, instruit et cultivé. Il me parle de dieu bien sûr. Les marocains ont une culture très différente de la notre, l'émotion passée, il me disent de vite retrouver une femme. Ma réponse négative les surprend. Inch Allah!
J'ai mangé des bananes et du pain pendant une semaine, sauf deux soirs de grande cuisine, "achis parmentier en boite". Je dînerai donc au restau des Françaises. Elles n'étaient pas au courant et à la fin du repas, je suis invité à passer quand je veux, même sans consommer. Je réserve donc pour vendredi "tagine d'agneau aux pruneaux"
Je n'ai pas encore déplié la parabole, je ne suis pas encore allé me faire bronzer au parc aquatique, j'ai en effet quelques soucis techniques avec ma cabane. La pompe à eau ne fonctionne plus, donc pas de robinet, pas de chasse d'eau, comment vais faire quand je serai au milieu de nulle part? Et puis le frigo tout neuf qui ne fonctionne qu'en 12 ou 220 v et enfin cette électrovanne du chauffe-eau qui est HS. Quand tu as mal au pied, cogne toi la tête, tu oubliera ton pied. Et bien au moins ces tracas orientent mon esprit ailleurs. Le dépanneur me propose une pompe neuve! Pas question, je vais démonter! Je l'ouvre entièrement, c'est fou ce qu'il y a comme membranes, ressorts et grille filtrantes. Je nettoie tout, tends les ressorts et remonte le tout, Je suis à quatre patte sous le lit, dans un espace réduit et il fait bien 35° à l'intérieur. Je transpire, m'ennerve, mon tournevis tombe au fond du coffre, la galére quoi! Finalement, je mets en route, silence total, elle refuse de s'amorcer! J'insulte tous les dieux qui sont recensés sur google et je claque les coffres. Ras le bol, je laisse tomber, je transporterai des bidons d'eau quand j'irai dans le désert.
Je vais me changer les idées en flânant un peu. Les souvenirs reviennent et je fredonne la chanson d'Eddy Mitchell:
"Je marche seul le long des rues où nous allions tous deux avant
à chaque pas je me souviens comme on s'aimait auparavant
Comment pouvoir oublier?
Il y a toujours un coin qui me rappelle..."
Et je reviens me cogner la tête avec la technique pour oublier ma première douleur. Le frigo maintenant, je sors la bête avec bien du mal, Sébastien n'est pas là pour m'aider. Je démonte les aérateurs extérieurs et tente l'allumage du gaz. Il fait toujours 35° dans la cabane! Finalement, il s'allume, donc il fonctionne! Seulement, l'aiguille qui indique l'allumage ne bouge pas. Donc impossible de savoir s'il est allumé sans le démonter. Je remonte le tout et tente de voir si on aperçoit la flemme de l'extérieur par l'aérateur. Non, la seule solution serait de glisser la main pour sentir la chaleur de l'échappement. Je laisse tomber. Passons au chauffe eau cette fois. J'ai récupéré une électrovanne d'occasion, et rebelotte, à quatre pattes dans les coffres pour monter cette pièce, après une bonne heure, le verdict est sans appel, ça ne fonctionne pas! Cette fois, je vais commander une pièce neuve et je ne remonte pas le bazar. Bloqué une semaine en attendant la pièce. Tout le contenu des coffres est entassé dans la cabine.
Cet après midi, Jacques m'apporte une pompe à eau qu'il avait dans sa grosse remorque. En regardant bien, je vois qu'il y a 3 bornes électriques pour 2 fils et il me semble que mon branchement n'est pas correct. ALLEZ! A quatre pattes sous le lit, je branche mon ancienne pompe différemment, contact! CA MARCHE. Je referme tout et vais faire un tour. Le camping est vide à part quelques fortunés qui passent 6 mois ici et ont emmené tous les moyens. Cette année, il y a deux trikes. Impressionnant, la remorque pourrait presque contenir mon camping car. Les nouveaux Mad Max du Maroc sont arrivés.
Au retour, bien que ce ne soit pas trop mon truc, je m'envoies quelques ricards et n'étant pas habitué, je suis vite flitoxé. Je prends non pas la plume, mais le clavier. Je ne sais plus si c'est Baudelaire ou Verlaine qui se shootait pour écrire. Alors tentons cet exercice pour voir si l'alcool m'apportera l'inspiration.
Je viens de faire une fouille des placards à la recherche d'un câble d'alimentation que je ne range jamais à la même place. Voila ce que c'est que de ranger tout. Je ne retrouve jamais rien. Je vide les placards et retrouve des objets que j'avais oubliés, des témoins de nos achats par nous et pour nous, un torchon soigneusement plié, une mini trousse de maquillage, des baskets taille 35, un bouquin qu'elle lisait et voulait garder, un agenda avec toutes nos dépenses soigneusement répertoriées. Pendant la mise à jour du site, Charlie de Toulouse, s'est arrêté avec son quad, mon voisin lui a parlé de moi et je recommence les explications, je craque d'autant plus que les effluves de la boisson marseillaise agissent sur ma sensibilité, mais je parviens à mieux gérer, ça ne dure pas longtemps. Mais je ne peux m'empêcher de flancher quand je vois ces gens qui m'apportent leur soutien spontanemment, des internautes que je ne connais pas et qui me disent nous avoir rencontrés à tel endroit. Et tous se souviennent de la petite blonde aux grands yeux bleux qui parlait à tous les chiens qu'elle croisait et rayonnait sans artifices, demandait à tout le monde "comment ça va?" Cette question dont tous se souviennent. Un passage d'un roman de WERBER que je suis en train de lire me vient à l'esprit et la caractérise complètement:
"il la regardait, la regardait vraiment, et la trouvait extraordinairement belle. il perçu différemment son parfum. Il perçu différemment sa présence si féminine. cette fille est magique pensa t il tout à coup, et il se demanda alors d'où venait cette magie. La réponse s'imposa aussitôt. La vie. Cette fille était vibrante de vie. Son enthousiasme à vivre la dotait d'un éclat spécial. Il eut l'impression de tomber dans un précipice infini"
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comme au far west, désert, jusqu'à ce que le cow boy arrive
Samedi 21 novembre, il fait vraiment chaud. Un petit tour au "village" où sont concentrés les badeaux. Je vais tenter d'oublier les sandwichs et j'achète de la fibre et des vitamines: un kg d'oranges et un kg de tomates. Je croise Hassan qui pour me remercier de la pub que je lui ai fait me céde un régulateur solaire pour moins de la moitié du prix. Puis je passe voit Hicham pour qu'il me mette une fermeture éclair sur la veste de reporter. Il me donne une photo qu'il avait pris de Brigitte et moi. Des rumeurs courent que la Mauritanie ne délivre plus de visa à la frontière. Il n'y a qu'une ambassade au Maroc, elle est à Rabat, 800 km en arrière. Je n'ai pas vraiment envie de me taper 1600 km aller et retour pour ce visa. Sauf changement, je crains que le Sénégal tombe à l'eau. Je trouve la source de cette information, un couple qui a été refoulé à la frontière il y a une semaine. Ils ont donc fait les 1300 km et retour à Agadir.
Je vais me boire une bière fraiche et manger mes tomates. Demain sera un autre jour...
J'ai reçu un mail d'Oliver, le moniteur de parapente qui avait fait le baptème à Brigitte. Il écrit des articles sur ses vols dans les quatre coins du monde dans un français presque parfait et me demande de temps en temps de les mettre en forme. Je connais ainsi grâce à lui la Tanzanie, le Pérou et tous les sites prestigieux de vol à voile. Il y a en effet des expressions qu'il ne peut écrire. Je vais en avoir pour deux bonnes heures ce soir et je lui renvoies aussitôt son article par internet. En attendant, je suis invité à l'apéro chez des Français du gard. Nous avions fait leur connaissance à la piscine l'hiver dernier. Ils ont appris en septembre en consultant les forums de voyage.
Dimanche, deuxième semaine. Je fais ma lessive tous les jours, j'ai tellement entendu que contrairement à une femme, un homme seul avait tendance à se négliger, que j'en ferais même trop! C'est un hommage sans doute que je rends. La vaisselle idem et le nettoyage aussi. Il n'y a que les repas que je néglige et ma nature rustique s'y adapte bien. Je tiens cependant compte des recommandations quotidiennes: Tu devrais éviter le café au lait, c'est très mauvais, tu devrais rincer tes fruits à l'eau minérale, au retour de la poubelle, lave toi les mains, arrête de boire le thé dans le verre des autres...
Je suis maintenant bien entouré, Jean Pierre, Charlie, Daniel, le triker et leur compagne, le personnel, tous me soutiennent vraiment sincèrement. Je ne me sens pas loin de mes racines grâce à internet et les messages d'inconnus me parviennent pour la demande de renseignements sur le pays. J'attends ma pièce avec impatience pour pouvoir enfin me déplacer et sillonner Agadir, faire des courses en grande surface et retourner dans le souk.
Mardi, j'ai rencontré Hicham, il était avec un ami qui ne parle pas français. Il lui a dit une phrase en berbère que je comprend maintenant: "tmout tmrartans" il lui répond "inayi astirham rabi" et me met la main sur l'épaule. "Sa femme est morte", "dieu soit avec lui" Ce midi, je mange Tagine d'agneau aux pruneaux au restaurant des françaises. Puis j'irai enfin à la piscine et m'installerai sur un transat dans notre coin en écoutant la musique diffusée sur tout le parc aquatique. Et je commanderai un "nasnas"
Démonstraion par Marc: Comment rentrer le trike dans la remorque
La photo humoristique de l'année dernière: concours de taille de culotte. Un fou rire qui sonne encore dans mes oreilles...
Le camping est encore bien vide, ça permet des contacts plus forts. Jean Pierre passe me voir et me transmet l'invitation de la bande de Charlie, les Français en chalet, pour un méchoui au restau des Françaises. J'accepte bien sûr et me rejouis de cette sympatique initiative. Je passe ensuite à l'accueil pour demander une prolongation de séjour. C'est un service qui m'évitera bien des méandres administratifs pour la somme de 50 dh et le paiement d'un mois de camping. Au passage, je demande à Rachid de me tirer la photo de Brigitte installée avec Latifa au parc aquatique. Je lui remettrai lorsqu'elle rentrera de son voyage. Ensuite je vais prendre un café au parc et montre cette photo à Brahim. Il est silencieux et me dit soudain: "tu te rappelles cette ceinture" en me montrant l'objet qui tient son pantalon. "C'est ta femme qui me l'a donnée l'année dernière quand je passais dans le camping pour l'inscription au couscous" Je me souviens en effet de ce geste qu'elle avait eu pour le remercier de sa bienveillance et sa bonne humeur pendant son service quotidien.
Eh oui, il y a régulièrement des petits flash back que je commence heureusement à mieux gérer! Et même cette musique que j'entendais chaque jour et que je n'aimais pas fait partie désormais non pas d'une routine, mais plutôt d'une acclimatation. Beaucoup de négligences comme par exemple oublier mon produit à douche une fois sur trois ne se produisent plus.
Vendredi, ça sent la fête du mouton, le Noël marocain, les boutiques sont désertes. Je fais un tour à la plage, il y a des oiseaux à perte de vue et un immense troupeau de chameaux. Il faut marcher tout doucement pour ne pas déranger les craintifs volatils et trouver le bon angle pour immortaliser ce rassemblement.
SAMEDI Mon père fête ses quatre fois vingt ans, ils sont tous au restau avec ma soeur, mon frère Mylène et Odette. Comme la frangine n'oublie jamais son PC, je peux parler un peu sur MSN et avoir des nouvelles de toute la famille. J'ai ainsi l'impression d'avoir été un peu avec eux..
J'avais l'intention de me faire des crêpes ce soir, mais après avoir fouillé partout, je n'ai pas trouvé de saladier. Je sais pourquoi, j'avais fait un vide avant de partir,pas plus de quatre fourchettes, couteaux et assiettes, une seule poele et une seul casserole et pas d'objet jugés inutils. Tout ça pour être sûr de faire la vaisselle tous les jours et ne pas avoir d'amoncellement. Mais je vais couper un bidon de 5 l d'eau minérale, ça me fera un saladier. Pas de bol, je n'ai pas d'oeuf et tout est fermé aujourd'hui. Je savais qu'il fallait prendre des oeufs en poudre! Je mangerai des biscuits et une crême Mont blanc.
DIMANCHE Finalement, j'ai fait mes crêpes hier soir, la voisine Christiane m'a apporté des oeufs et j'ai inventé le saladier jetable. Ce midi, pour le méchouis, je mettrai la seule chemisette repassée qui est dans la penderie. Nous sommes plus d'une vingtaine, je ne connais que mes voisins JP et Marie ainsi que Charlie le toulousain. A mes côtés, un couple de Bagnère de Bigore, très sympa et qui ont qui a décidé de tout abandonner lors des cinquante ans de Jean Pierre. Ils ont tout vendu et fait leur calcul, ils disposent d'environ 1000 € par mois en attendant la retraite. Mais là où je tombe sur mon cul, c'est qu'ils ont acheté un troglodite dans lequel ils vivent. L'aménagement doit être top, vu qu'il était dans le bâtiment. L'electricité est fournie par des batteries chargées par des panneaux solaires. L'eau est pompée dans la nappe fréatique. Je suis stupéfait! Ils ne sont pas du tout déjantés ou rastas ou marginaux. L'hiver, les vagues frappent le rez de chaussé. Un peu ce que j'aimerais, mais pas en bord de mer au Maroc. Ils sont en effet entourés de pêcheurs rustiques et de culture tellement différente! Je suis invité à leur rendre visite lorsque je descendrai au sud. J'ai hâte de voir ...
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