LA REMONTEE

15 FEVRIER

J'ai bien dormi, mais je me suis réveillé à 4h30 et j'ai tourné en rond jusqu'à 7h30. Petit déjeuner au château. Départ 8 h. Je fais la portion la plus déserte du parcours, le ruban s'étire à travers ce paysage aride, je croise très peu de véhicules hormis les bus et quelques camions. Je traverse Boujdour après 5 h de route lancinante. A 50 km de Laayoune, le ronronnement du moteur me berce. Un claquement me sort de ma torpeur, comme si j'étais passé à cheval sur un bloc de ferraille. Plus rien, le ronronnement continue. Après 10 mn, un nouveau claquement. Je m'arrête et regarde sous le véhicule et sous la remorque, rien! Je fais quelques maneuvres avant et arrière, puis redémarre. Il me semble toutefois que mon véhicule est un peu ralenti, dans le doute, je m'arrête à nouveau et touche les roues, l'arrière gauche est très chaude. Je me demande si ce n'est pas les ferrodos qui se sont cassés et mis dans le tambour. J'espère que ce n'est pas un demi arbre ou un roulement. Je redémarre jusqu'à trouver un de ces rares endroits où on peut se garer. Je trouve et me stationne. Je vais démonter la roue. Je débloque les écrous et place le cric pour lever. Il me manque un cale pour pouvoir lever suffisemment. J'appelle l'assistance et deux h après le dépanneur arrive. Effectivement, la garniture est en poussière dans le tambour et il y a des morceaux de  10 cm. Il me condamne le frein arrière gauche avec un collier sur le maitre cylindre et me recommande de ne pas freiner jusqu'à Laayoune. Ce ne sera pas facile car il y a plusieurs barrages de police. Pendant toute la durée de cet incident, j'ai eu le pacha, le châtelain, Hamoud et l'amiral au téléphone. Ils étaient prêts à avancer leur départ pour me tenir compagnie au cas où j'aurais été bloqué au milieu de nulle part. LA SOLIDARITE. Je passerai donc la nuit dans un garage à Laayoune en attendant le dépanneur  ESSALAM, qui devrait arriver avec les mâchoires regarnies.

   chameaux   Boujdour   freins bloqués

Nuit calme, j'avais déja constaté ce silence nocturne l'année dernière, en plein centre ville. A 10 h, le garagiste vient me chercher pour rejoindre l'atelier. Pas facile de se garer dans ces rues étroites, en plus, à peine je touche la pédale de freins que le liquide s'échappe par le maitre cylindre. L'endroit n'est pas vraiment idéal pour démonter les roues.

concession Renault   zone nuit    zone réparation   zone réparation

L’opération n’aura pas été simple. Une fois les roues remontées, l’autre roue bloque ! Les garnitures semblent trop épaisses. Démontage, le tambour est amené à rectifier, après remontage, ça bloque toujours. Démontage des garnitures pour rectification, et ça bloque toujours. Les heures tournent…

Comme il n’y a pas d’électricité et que mes panneaux sont à l’ombre, je suis obligé de gérer ma consommation électrique. Le soir, je m’éclaire avec les lampes à piles que j’ai installées partout.

Les potes téléphonent, les amis de face book également, Marie est inquiète. L’arpète rectifie au papier de verre, ça dure des heures, puis finalement, après un jour et demi, c’est bon. 

17 février Midi, départ, je dois trouver une banque et une station pour faire le plein. Après 50 km, je vérifie le serrage des roues. Pour s’arrêter, pas le choix, il n’y a que les bas côtés aménagés pour les vidanges et nettoyage de citernes à poissons ou  autres. Erreur que j’avais déjà commise l’année dernière,  j’oublie de fermer mes vitres,  et là, 200 mouches s’engouffrent dans la cabane. Je continue le voyage toutes vitres ouvertes et m’arrête de temps en temps pour tenter d’en chasser le maximum. Arrivé à Tarfaya, je fais le plein et m’installe pour déjeuner en laissant tout ouvert et en jouant de la tapette à mouches. Je remplis des bidons de gasoil, le pompiste n’en met pas une goutte à côté, je lui laisse la monnaie.  Il est seul au milieu de nulle part. Avant de partir, je lui demande s’il peut me vendre du pain, il m’en donne deux et refuse que je le paye.

Je suis maintenant sur la plus belle route du Sahara, un vrai billard pas encore marqué de ligne blanche. Un régal de conduite. Je fais le plein à la dernière station hors taxe et remplis des bidons de 5 l qui iront dans le douche. Le pompiste est bien moins délicat que le précédent,  il laisse déborder et quand je range tout ça, ça pue le gasoil.

18 février En passant devant Mafatma, il y a tant de campings cars que je renonce à m’arrêter. Arrivé à Chbika, je m’installe pour deux jours. Il y a pas mal de campings cars, ça ressemble un peu au pk25 ! Je monte donc sur le parking du haut où ils ne sont que deux. Ca empeste le gasoil.  Je prépare une mixture de produit à vaisselle et arrose  abondamment les bidons, puis rince à grande eau. Ensuite, j’arrose d’eau de Cologne. L’odeur est tenace et je recommence une deuxième fois. Je prépare mon premier repas chaud depuis le départ, petits pois carottes crème fraiche, Gebly en fromage, puis mandarines.

Surpris d’avoir internet ici, signal très faible, mais ça passe, ça se déconnecte, ça passe…   La soirée sera courte, que faire ! A 20h, je lis un peu et m’endors rapidement. A 1 h 30, ma nuit est finie. Je tourne en rond , me lève, déjeune, me recouche, 4h, deuxième nuit terminée, je tourne, me retourne, reprend mon livre, j’attaque ma troisième nuit. 7 h, je me lève, trie mes photos, écris mon dernier périple. Il fait 17°. Je vais faire un grand nettoyage, marcher dans les dunes et faire une petite lessive.

      oued Chbika   vue de fenêtre

19 février Je n’ai pas fait de lessive, trop compliqué. Je me couche aussi  tôt qu’hier, et fais trois nuits courtes ponctuées par un peu de lecture. Je démarre vers 8 h, le ciel se couvre, jusqu’à Tantan, arrivé à Goulmine, il se met à pleuvoir. Le ciel est noir, les routes inondées et boueuses. Maintenant, la  route est  sinueuse et le petit col est dur à avaler avec le chargement. Arrivé à Tiznit, ciel bleu. Dans mon rétro, un nuage de 50 km. Arrêt casse croute et internet, puis je reprends la route pour arriver à Sidi Bibi où je vais prendre trois jours de vie normale car ça fait maintenant cinq jours que je suis dans la cabane entre le volant et l’ordinateur. J’ai besoin de m’oxygéner, de marcher, d’oublier le timing que je me suis imposé.

20 février De la station, je vais au bled, une demi-heure à pieds. J’achète une batterie pour mon téléphone portable Maroc et un chargeur voiture pour le téléphone français.

Ce matin, il faut vider la cassette, mettre de l’eau et attendre la livraison des panneaux solaires que j’avais commandés et payés en novembre. Ensuite, j’irai à nouveau au bled à pieds pour me changer les idées et chercher un « barbecue pour tagine »

Dernier jour à Sidi Bibi, les panneaux solaires sont dans la capucine, il ne me reste plus qu’à aller à Marjane faire quelques courses.

   Goulmine      petite montagne

21 février C'est le retour à la civilisation. L'endroit où je suis garé est bruyant avec les camions qui tournent sur le rond point. C'est ici que Sylvie et Roland sont restés 5 semaines en attente de pièces. A marjane, le parking compte plus de campings cars que de voitures. Après les courses, j'irai à la nouvelle foire fouille, mangerai un morceau et avancerai un peu sur mon itinéraire de demain, les étapes seront plus courtes.

Sidi Bibi   au milieu des camions   marjane   marjane

Sur la route de Marrakech, je distingue au loin les neiges de l'Atlas.L'autoroute se déroule à travers un paysage arride et ça grimpe longtemps au point de passer la quatrième. Puic, c'est la grande descente, il fait plus frais. Le ciel est couvert de gros nuages blancs, superbe contraste sur le bleu. J'avais oublié que ça existait les nuages, et que c'était si beau. Je m'arrête pour la nuit au sud de Marrakech.

l'Atlas         LE  tunel

22 février Départ 7 h, route monotone, c'est dur de rouler seul. A Casa, immeubles remplis de paraboles, sur l'autoroute, les piétons traversent flegmatiquement, à Rabat, toujours pas de périphérique, circulation dense. Après la ville royale, je demande à un mécano combien coute la vidange moteur. Il me demande si je fournis huile et filtre, dans ce cas, c'est 20 dh. Je vais donc au centre vidange et pneus, un gus me fait le travail, je surveille et heureusement, il allait remonter le filtre sans le joint. Je lui donne 50,  il fait la gueule, il me dit que l'huile est à payer, je m'ennerve un peu et résigné, je lui dis de garder les 50. Il n'a pas encore l'air content, il relève ma plaque, je demande alors un responsable qui lui fait me rendre la monnaie.

Brumes matinales   casablanca   piéton autoroutier   chargement hors normes

Arrivé à proximité de Larrache, un véritable déluge. Je le dépasse et m'installe à la dernière station avant le port de Tanger. Le déluge me rejoint une heure après avec en plus vent violent et orages. Ca promet pour demain sur le bateau. Sur les aires de service autoroute, des salariés de la société se faufilent comme des anguilles pour réclamer 20 dh. Ayant payé l'autoroute et donc ses services, je dis au soit disant "gardien" que je vais téléphoner, et aussitôt, il me rend mon argent.

DELUGE   23 matin   Gibraltar   l'attente

Si les ferry naviguent, je devrais être au village le 26 au plus tard

23 février. Cette nuit, à 30 km du  port, pluie diluvienne, raffales de vents, éclairs et tonnerre. Impressionnant! Je me suis levé à 4h 30, croyant que tout allait basculer. A 7 h 30, direction le port, tout est trempé, mais le ciel semble se dégager.  Arrivé sur place, j'apprends qu'il n'y a pas de bateau et que ça pourrait durer trois jours. L'aventure continue. Il n'y a plus beaucoup d'eau dans les réservoirs, la cassette est heureusement vide, il me reste des paquets de gâteaux et les batteries chargent à peine avec ces nuages. Nous sommes une dizaine de campings cars. Certains n'ont plus une goutte d'eau et rien à manger. On partagera les gâteaux. A 14 h 00, un bruit court qu'il y aurait un bâteau à 16 h. La queue de véhicules s'ébranle vers la douane Tout le monde passe au scanner, Il faut plus d'une heure pour passer, ensuite, direction l'embarquement, une soixantaine de semi-remorques attendent, mais pas de bâteau. Il arrive finalement vers 18 h et le temps de vider et remplir, il est 20 h quand il appareille et nous serons en Espagne à 21 h 30, il faut maintenant débarqer (en marche arrière avec la remorque) et psser la douane espagnole, et se rendre à la première station service, pour s'installer pour la nuit. Il est 23 h.

grosse mer   ferry stand by   déchargement   attente

24 février  6 h départ, c'est dimanche, ça roule bien.Après 9 h de route, je m'installe aux abords de Salamanca, prends une douche, je me sens bien et décide de rouler encore un peu jusqu'à Valadolid. Il fait 5°. A 18 h, j'ai mangé et me couche. Quand je me réveille, ma montre indique 8 h 15! Pas possible! Je n'ai quand même pas dormi 14 h? Je vérifie l'heure sur mon téléphone, il est effectivement 8 h 15, mais du soir, j'ai dormi 2 h 15! Difficile de se rendormir, j'y parviens diffilement, deuxième réveil, 4 h. Trop tôt, je sors de la couette (des couettes) glacial: il fait 4° dedans et moins 5° dehors.Je mets le chauffage pendant une h et retourne sous les couettes. Il fait maintenant 10°, je peux déjeuner et reprendre la route.

25 février Je  roule jusqu'à Pau, il fait froid, les routes sont bordées de congères. A 18 h, je m'arrête pour la nuit sur la place d'un village et cette fois, je mets les écrans isothermes de cabine, baisse tous les stores, allume le chauffage et dodo. Quand je me lève le lendemain, tout est couvert de neige et il fait11° dans la cabane.

26 février Il me reste 275 km que je ferai en cinq heures, tantôt sur route enneigée, tantôt derrière un chasse neige et deux fois en bouchon à cause d'accident. 

         

J'arrive au village avant midi, il y a un peu moins de neige et les routes sont sèches. Séjour en pays cathare, visite à la famille et aux amis, tourisme découverte imprévue. Départ dans huit mois pour le sable chaud. C'était ton dernier hiver au froid Marie.

le château   le lac   l'hiver   mon voisin

Le beau temps est revenu, les planeurs volent, quelques villageeois croisés sur la place ne sont pas étonnés de me voir et commentent même mon séjour, lu sur le site. Tout serait parfait si la mairie n'avait décidé de me harceler pour le stationnement du camping car. A peine rentré et déja une feuille sur le pare brise me priant d'enlever mon véhicule! Etant donné que le code de la route applique les mêmes mesures qu'aux voitures et qu'il n'y a pas d'arrêté municipal relatif aux camping cars, je ne suis pas plus inquiet que ça car je pense que c'est une initiative de la secrétaire, qui a semble t il agit par exès de zèle. A titre info, cosultez la législation relative à cette situation.

ciel bleu   lac calme   légère brise   planeur en vol

UTILE: Peut être le seul équipé des valises pour les diagnostiques des pannes sur les véhicules récents équipé d'électronique.

guelmin assistance quartier industriel avenue tan tan guelmin 81000 (face au souk des chameaux) tél/fax 0528870804 gsm 0667915337 guelmin.assistance@gmail.com
mécanique générale, electricité auto, diagnostic, assistance 24/24 7/7j dépannage ambulance, clim, carrosserie, peinture au four, pièces de rechange. 

Date de dernière mise à jour : 05/03/2013

BRIDOM FRANCE - View my most interesting photos on Flickriver

www.flickr.com
DOM MATHIEU MAROC MAURITANIE photoset DOM MATHIEU MAROC MAURITANIE photoset