Les 3 derniers mois

Trop de monde dans le Sahara

  Ce midi, poisson chez Sylvie et Roland. Job, lui aussi en bus, est invité. Je suis en minorité et me fais chambrer avec mon « Tupperware ».  Job est résident marocain, il a un hammam à Essaouira et rentre de Mauritanie. Il se rend régulièrement en Amérique du sud et,  comme Roland parcourt la planète dans tous les sens. Au milieu du repas, Monique et Alain qui rentrent de Mauritanie
 m’obligent  à quitter la table. Ils tenaient à me saluer avant de remonter. Nous nous reverrons à Béziers au printemps. Le repas poisson se terminera à 17 h et il est temps pour moi  de ramasser mes draps qui sèchent depuis ce matin et refaire mon lit. C’est l’heure du bon débit et comme chaque soir, je contacte Marie sur Skype.
J’ai appris hier soir par mes potes  qui sont à Agadir, qu’il y a un vent de folie, tout le monde veut descendre à Dakhla ! En attendant, les italiens arrivent encore en convoi. 50% de la population est italienne. Ca va être chaud ! L’année prochaine, je vais  revoir ma copie et envisager l’Atlas et les gorges, il n’y a pas la mer, mais ce sera plus tranquille.
J’ai enfin réussi à caresser le chat.

On n'est plus seul dans le désert! A retenir, ne venir voir le Sahara qu'avant le 15 janvier. Après, c'est comme la place St Pierre de Romes.

Nous avons fait quelques courses et préparé la demande de prolongation de séjours. Sur la rue principale qui longe le souk, il y avait 15 camping cars garés. Pourquoi tant de monde va à 1200 km d'Agadir? Le froid exceptionnel de cette année dans le nord du pays? Peut être. Une chose est sûre, l'infrastructure n'est pas du tout adaptée à cette nouvelle situation. Le plus dur est pour la majotité qui est en sauvage. Le ravitaillement en eau devient une corvée, la queue au chateau d'eau a de quoi décourager, les vidanges d'eaux grises et noire sont une vraie galère. Il va encore falloir descendre plus au sud.

p1030091.jpg   parking CCar   PK 25   bikers italiens
J’ai cette chance d’être en bout de parking, ce qui me permet de laisser bidons, bassines et accessoires contre le mur d’enceinte dans mon petit coin à moi. Je peux également m’allonger sur un transat pour lire ou bronzer à l’abri du vent. Cet après midi, je décide donc de me relaxer avec un bouquin, quelques minutes plus tard, toute la flopée d’italiennes ne trouve pas mieux que de s’installer pas loin de moi avec leur chaise, alors que le terrain est suffisamment vaste pour organiser ces regroupements devant chez eux. Elles ne semblent pas m’avoir vu derrière les petits arbustes et commencent à papoter. Il y a rapidement une ambiance de basse-cour, un poulailler où chacune parle plus fort que l’autre et dans une langue qui m’est inconnue. Naturellement, je ne peux me concentrer sur mon bouquin et je quitte alors cet endroit qui me rend fou pour m’isoler dans ma cabane. Heureusement, je retrouverai  les immensités désertiques bientôt avec William et sa Ténéré. Je n’ai pas vraiment envie de me fâcher avec les bikers en scooter. Le désert est très peuplé de faune étrange. Vais-je tenir longtemps ?
Je n’ai pas tenu, ce midi, ils apportent leur barbecue le long du mur qui jouxte ma cabane. J’essaye de rester calme, puis je me dis que si je n’interviens pas, ils vont s’installer sous mon auvent. Je sors avec ma casserole à la main et leur demande de bien vouloir installer leur friture à côté de leur ccar. Ils ont l’air étonnés, j’ajoute que peut être demain, il y aura une dizaine de barbecue et que j’aimerais avoir ma tranquillité. Une femme me répond gentiment que ce sera juste aujourd’hui. J’ai eu un ton assez calme, mais mon attitude et mon regard ont certainement trahi mon agacement. Je pense que c’est dans leur culture de vivre en communauté proche, ils partent même en ville en scooter ensemble. Ah le désert n’est plus ce qu’il était.

Le dernier message de mon livre d'or signé "ton pote à l'humour noir" semble confirmer que les italiens qui passent leurs journées à papoter sur une chaise viendraient par avarice. Ben c'est la crise là bas! Et encore, nous sommes dans un endroit payant car il y en a au moins 200 qui vivent dans des conditions lamentables avec des camping cars de plus de 100 000€. Ils n'ont pas d'eau, vident leur cassette dans un immense trou, sont rangés comme sur un parking de grande surface et ne mangent que les poissons qu'ils pêchent. De plus, ils sont à plus de 20 km de la ville .Je ne comprend toujours pas pourquoi les autorités marocaines acceptent ces conditions d'hygiène.

Au fait, qui es tu "mon pote à l'humour noir"?

28 janvier
J’ai découvert qu’un petit chat dormait sous une chaise dans mon auvent. Il est très craintif et malgré des gestes  lents, il quitte les lieux quand je m’approche de lui. Je lui donne de temps en temps de la nourriture pour tenter de le caresser, mais rien n’y fait. Avec un peu de patience, je réussirai peut être à l’apprivoiser. Il semble avoir élu domicile ici, comme les Italiens, mais il est bien plus discret.

le squater    des yeux...  les Mamas   la  
Les journées se suivent et se ressemblent. Les tâches habituelles, ma tournée chez les amis, la visite de Lahcen, des courses en ville de temps en temps et quelques petits coups de quad, mais avec cette fuite, je dois ménager  la monture et surveiller mes niveaux. Sylvie et Roland sont arrivés avec leur bus, j’ai passé une soirée dans leur palace et demain, je suis  invité à manger du sanglier. Comme je suis très distrait, j’ai oublié que Marie Line et Guy m’avaient invité au couscous le même jour. Hier soir j’ai dîné chez Hafida et Lahcen, c’était le jour du couscous. J’ai passé une soirée agréable pendant laquelle Hafida devait obligatoirement parler français. Elle se débrouille d’ailleurs très bien si ce n’est la timidité de parler notre langue.
La demande de prolongation de séjour est bien plus simple dans le sud. Il suffit de deux photos et les copies des documents en double, pas de timbre fiscal, et les documents rendus  5 jours après ! Il reste à voir les douanes  pour les véhicules et c’est encore plus simple. Il semblerait que les touristes qui sont au nord descendent au soleil, nous sommes passés de trente trois à cinquante véhicules.

le chateau de Roland     job-1.jpg   job-5.jpg

Ce midi, poisson chez Sylvie et Roland. Job, lui aussi en bus, est invité. Je suis en minorité et me fais chambrer avec mon « Tupperware ».  Job a des affaires  au Maroc et en Argentine. Il a un hammam à Essaouira et rentre du Sénégal. On pourrait dire que c’est un enfant du pays, il  a grandit à Rabat,et l’université l’a obligé à rejoindre la France.  Il se rend régulièrement en Amérique du sud et,  comme Roland, parcourt la planète dans tous les sens. 
Au milieu du repas, Monique et Alain qui rentrent de Mauritanie  m’obligent  à quitter la table. Ils tenaient à me saluer avant de remonter. Nous nous reverrons à Béziers au printemps. Le repas poisson se terminera à 17 h et il est temps pour moi  de ramasser mes draps qui sèchent depuis ce matin et refaire mon lit. C’est l’heure du bon débit et comme chaque soir, je contacte Marie sur Skype.
J’ai appris hier soir par mes potes  qui sont à Agadir, qu’il y a un vent de folie, tout le monde veut descendre à Dakhla ! En attendant, les italiens arrivent encore en convoi. 50% de la population est italienne. Ca va être chaud ! L’année prochaine, je vais  revoir ma copie et envisager l’Atlas et les gorges, il n’y a pas la mer, mais ce sera plus tranquille.
J’ai enfin réussi à caresser le chat, ça m'a couté ma  reserve de boites de thon.

Mon menu a changé, j'ai ralenti les bananes et mange des pâtes avec du thon et une vache qui rit. Bien agiter avant de manger! Marie m'a informé que Marseille est sous la neige, brrrrrr. Et prévisions moins 21° à Besançon. Ma décision se confirme, plus jamais d'hiver en France.

4 fevrier
William est rentré de Mauritanie, il devait  sortir du Maroc pour prolonger l’importation temporaire de son fourgon. Il a eu beaucoup de chance, il a passé la frontière et a fait demi-tour  aussitôt pour tamponner sa feuille verte. Il aurait pu devoir rester huit jours dans le no man land.

k-roland-2.jpg   k-will-1.jpg   k-will-2.jpg   k-will-3.jpg
Roland a pris en main (de maitre) la réparation de ma baie cassée l’année dernière. Il déteste les chats et bien entendu, ce dernier lui tourne autours en frôlant ses mollets pour tenter de le séduire.  Vraisemblablement, mon pote n’apprécie pas ! Le travail sera néanmoins réalisé parfaitement et après le séchage, Roland découpera ce qui dépasse à la disqueuse.  Il me reste à mastiquer poncer et peindre.
Ma réserve de saucisson et jambon est épuisée, il faut dire que mon locataire m’a bien aidé. Je n’ai plus rien à lui donner et mes amis m’apportent de temps en temps quelques reliefs de leur repas pour le petit félin qui m’attend tous les matins en miaulant. Ce matin, à ma grande surprise, Roland m’apporte quelque chose pour le minou !  Le vent ne tombe que rarement ces derniers temps, j’adore le vent, je suis servi. Mais il ne faut pas se plaindre, Hyères est sous la neige, il fait moins 12 un peu partout en France et j’apprécie mes longs moments de solitude qui seraient insupportables  dans mon village. Je n’ai plus de cochonnaille, mais je n’ai pas froid.
Notre troisième passage aux douanes ne fut encore pas la bonne ! Nouveau rendez-vous mardi. Ma date limite est dans 5 jours, mais Guy aura dépassé, espérons que son fourgon sera retenu comme camping car, sinon, il sera dans le même cas que William !

5 février 2012
Je n’ai pas dormi de la nuit, le vent souffle fort et je crains que mon auvent s’envole. A 5 h 30, ça claque tant que je me lève pour me rendre compte, toute la toile se gonfle et se dégonfle, il y a des bruits de frottement partout, la barre centrale est tombée il y a du sable partout et les amarres tirent sur la remorque et le camping car. Aujourd’hui, pas de lessive, pas de sortie, j’attendrai ce midi pour aller manger la sèche au « château » Heureusement, j’ai préparé des glaces hier soir ! Je m’installe avec un bouquin de Zikë sur son orpaillage dans la jungle du Costa Rica et me dis qu’ici c’est la paradis malgré la tempête, au moins, c’est sec. Nous nous retrouvons avec Job dans le palace de Roland, qui n’est pas exempt de tanguer sous les rafales lui aussi. Un rallye Espagne Dakar envahit les derniers espaces du camping. Ils sont une cinquantaine de motards et passeront la nuit ici.
La météo locale prévoit les mêmes forces de vent pour cette nuit, ceux qui voulaient partir au sud sont revenus, les congères de sable coupent les routes. Nous ne voyons plus la mer, la ligne d’horizon n’existe plus, c’est un dégradé couleur sable en bas et bleu blafard en haut.

sable   et sable   rallye moto   Job négocie

Deuxième jour enfermé, à l’abri  du vent, mais surtout du sable fin comme de la farine, qui se loge dans le moindre interstice.  J’écoute la radio locale « chaine inter » qui diffuse les derniers tubes technos ainsi que les grands classiques internationaux, le tout commenté en français. Comme j’ai renoncé à la télévision, je suis attentif aux flashs de la radio de Rabat en FM.  L’actualité nationale est centrée sur les projets urbanistes et l’internationale sur la Syrie. Marie me fait les résumés des news de France. Elle prépare le circuit que nous ferons  en juillet ou aout sur les traces des Cathares. Ce circuit passera par Carcassonne le 14 juillet pour  l’embrasement des remparts où nous passerons la nuit sur une aire de service avec tous ceux qui veulent nous rejoindre. Je rappelle qu’il y avait l’année dernière 400 000 spectateurs et c’est pour éviter la cohue que nous dormons sur place.  Il y a une immense prairie pour les toiles de tente et le parking pour les camping cars.

Depuis que j'ai fait les peintures de guerre, les italiens sont partis, le calme du désert est revenu. Mon chat que j'ai appelé LE chat est de moins en moins sauvage, quand je rentre à la cabane, il m'attend sur le quad et le matin, il miaule et me frôle jusqu'à ce que je le carresse. Mardi, ça va enfin bouger un peu, le vent est tombé et nous allons tirer une bourre sur la glacis avec des véhicules à guidon.

peintures de guerre   LE CHAT  Lahcen   à la marocaine          

J'ai découvert qu'il y avait une église catholique à Dakhla. Je ne connais pas les horaires des offices, mais je peux vivre sans. Autre nouvelle, l'eau qui alimente les 100 000 habitants vient de l'usine de désalinisation, comme ça ne suffit pas, des citernes de 30 000 litres arrivent chaque jour de Tantan distante de 900 km. Imaginez le prix du litre d'eau qui sert à laver le linge ou la vaisselle. En ce qui concerne l'électricité, aucune ligne à haute tension n'arrive jusqu'ici, la demesure doit être la même au niveau de la fabrication, il doit y avoir des énormes groupes électrogènes industriels,

Mon ami Lahcen est venu avec les enfants pour que leur fasse un baptême de quad. A l'occasion, je lui ai passé le guidon pour essayer. Le Docteur, délégué régional du ministère de la santé a chevauché mon quad!

Et puis, toujours ces véhicules qu'on ne voit qu'au sud...

   

 

p1030208.jpg   église de Dakhla   atelir soudure   aerienne-1.jpg

Il fait froid, mais il y a toujours des mouches. Ce ne doit pas être le cas en Europe. Hier, j’ai sorti le quad et William m’a accompagné avec son Ténéré. Il ne passe pas dans le sable, mais peut envoyer 150 km/h sur le glacis. Il y avait beaucoup de vent et de sable qui volait et j’ai du faire une lessive en rentrant. Roland m’a trouvé une rallonge USB de 5 m qui m'a permit de fixer  ma clé 3G sur une perche à l’extérieur, m’offrant ainsi un bien meilleurs débit internet. . Je pourrai donc charger les photos bien plus facilement. La routine s’installe où que nous soyons. Repas chez Guy quand il a bien pêché et surtout, café à 10 h chaque matin, servi sucré et remué par Sylvie. La vie de château quoi ! Mais je ne vais pas faire trop d’éloges sur le couple « nomade » car ils lisent le site chaque jour.

Sortie en ville. Au passage nous croisons sept camping cars qui font la queue au château d’eau pour se ravitailler, puis les parkings pleins d’autres venus faire des courses. De temps à autre, nous évitons une plaque d’égout descellée et nous arrivons au magasin de pêche. Roland, fort des conseils de vieux pêcheurs, a sa liste. Il a déjà une boite pleine d’accessoires achetés il y a quelques années sur d’autres conseils. La boite n’a pas quitté les coffres depuis cinq ans. Il va de nouveau essayer ce sport pratiqué à Dakhla. Au retour, nous passons devant « Manpower », une place en bord de route où des artisans sont assis avec leur outil à la main, attendant une embauche. Le vent est tombé et j’organise une sortie « guidon » pour demain. Avant de faire ma séance de bronzage, j’épluche quelques légumes que je mets aussitôt sur le gaz. Il fait bon et un légère brise me caresse. Je rêvasse à mon prochain hiver, la Mauritanie peut être ! Après une heure de léthargie, je bondis de mon transat, j’ai oublié mes légumes sur le feu ! Trop tard, ma casserolle ressemble à un morceau de charbon ! Ce soir, ce sera bananes.
J’ai essayé la tenue touareg et au moment de la rendre, Hamoud m’a dit que je devais la garder toute la journée. Je me suis alors baladé dans cette tenue et le simple fait de la porter me transportait dans une autre culture, un autre monde, je me suis même pris pour Moïse ouvrant la mer ! Mais je ne pouvais rester plus longtemps comme ça, j’ai prétexté une réparation mécanique sur la quad qui risquait de tacher la tunique de prestige et l’ai rendue au propriétaire.
Je commence à avoir des mails des fidèles de mon site m’incitant à nomadiser et me mettant en garde contre l’embourgeoisement. Patience Gérard et les autres, j’ai décidé de rester encore un mois et de savourer cette oisiveté confortable. De plus, Moussafir s’étant un peu dépeuplé, si ce n’est pas l’Eden, c’est au moins le calme. Comme le calme précède la tempête, gageons que d’autres galères entraveront ma  route. Je sais que « Pénélope » attend son « Ulysse » et ça ne durera pas aussi longtemps. Vautrons nous dans le flègme et rêvons à d’autres horizons.
Le rassemblement à Icht est annulé, Richard et Marie Claire font face à une lourde épreuve qui j’espère finira bien, auquel cas je m’investirai pour les aider à réaliser ce projet qui leur tient à cœur.
Partie de pêche. Sous les yeux de Gilbert et Jean-Claude, et devant la tribune des épouses, Roland prépare son matériel au milieu de la tempête.. Il sait où il va, il a déjà pêché il y a cinq ans pendant une demi-heure. Ca commence mal, son plomb est trop lourd et ses hameçons trop gros. Gilbert vient à son secours, ce n’est pas une tronçonneuse où un camion, il faut tricoter les fils et accrocher des accessoires partout. Il est habile Gilbert avec ses gros doigts de mécanicien ! Quoiqu’il en soit, au troisième lancer, Roland sort un poisson ! Pas très gros, mais ça gigote quand même. Il persévère et au dixième lancer, il casse sa canne. Je pense que nous irons en ville demain pour en acheter une autre !

Moïse   Gilbert le professeur   Roland l'élève   Jean Claude l'assistant

Sortie guidon, vent fort, poussière envahissante, arrêt parc à Huitres. Alfreda et Chantale n'ont qu'à bien se tenir, ça va secouer!

sortie-guidon   sortie-guidon   sortie-guidon   parc à huitres

Aujourd'hui dimanche 19, nous décidons avec Sylvie d'assister à la messe et en arrivant, nous découvrons des drapeaux marocain partout, des forces de l'ordre et une tribune à proximité de l'église. Trois prêtres de Laayoune viennent à tour de rôle célebrer l'office, un espagnol, un italien et un congolais. La cérémonie fut en qutre langues, français italien espagnol et anglais. Le prêtre qui n'avait jamais vu autant de monde a fait une photo, nous étions 15.Cette église construite en 1950 a connu une large fréquentation lorsque la ville comptait 100 000 espagnols. C'est en 1975, après la marche verte, que ces derniers sont partis.

Dakhla en fête   course cycliste   église de Dakhla   église de Dakhla en 1950

A mon retour, je discute un peu avec mes nouveaux voisins Thérèse et Raphaël. Il a 79 ans et vient au Maroc depuis 18 années. Ca ne leur suffit pas, ils vont en Norvège chaque été!

Nous avons rencontrés des camping- caristes en colère. Des gens plutôt calmes et résignés.
Une organisation à grande enseigne, d’apparence performante, leur a soutiré environ 5000€ sans les faux frais, pour les guider, les encadrer et leur faire parcourir la Mauritanie sans encombre, ni stress. Les prospectus et DVD fournis sont très explicites et ce qui n’est pas pris en charge est clairement indiqué. En revanche, les contrariétés jalonnent le parcours.
Les participants ont quelquefois du payer l’eau aux ravitaillements alors que les organisateurs avaient déjà quitté les lieux. Même si c’est une somme dérisoire, c’est ici une formalité qui va à l’encontre des promesses d’assistance. A l’étape, il n’était pas possible de faire une liaison au bled distant de sept kms pour prendre du pain. Bien que stipulé dans le contrat, il n’était pas possible de charger les téléphones ou appareils photos. Les excursions se faisaient en fourgon équipés de strapontins en toile,  les vitres étaient en partie obturées par des restes d’adhésifs, et  l’absence de climatisation n’était rien en comparaison de la saleté dans le véhicule. Un départ de Nouakchott s’est fait à 17H h interdisant ainsi de contempler les paysages variés de l’Afrique, faisant prendre des risques sur la route pour conduite de nuit, autant pour le matériel que pour les personnes.
Si bien qu’au cinquième jour, un premier a abandonné la caravane et qu’au quinzième, cinq autres équipages n’ont pu prendre part à la visite du barrage faute de places dans le fourgon de liaison. A la suite de cet abandon en plein champ, un équipage a préféré rejoindre le Maroc par dépit.
Au résultat, lestés d’une confortable somme, les arnaqués furent contraints de quitter le pays, les dates des visas ayant été changés par on ne sait quelle démarche !
Ces faits rapportés par les victimes sont bien entendu colportés à travers le Maroc et seront sans doute commentés dans les forums. Méfiance donc, ce voyage est à la portée de tout le monde, il suffit d’attendre à un grand carrefour de voyageurs comme Dakhla, demander à en suivre un, et lui faire confiance. Dans ces endroits, tout le monde se connait, il n’y a pas de prospectus glacés et pas de mauvaises surprises.

Tout n'est pas aussi désolant, j'ai assisté à une conversation téléphonique. Le Walis (gouverneur de province) s'inquiétait de l'état de santé d'un européen hospitalisé auprès d'un responsable de la santé. Ce dernier s'est informé auprès du personnel soignant et en a rendu compte immédiatement. Les marocains aussi haut placés soient ils ont eux, le soucis de notre sécurité!

Date de dernière mise à jour : 20/02/2012

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