D' AGADIR A DAKHLA

 Le vent du désert n'efface pas les souvenirs et ne chasse pas les âmes qui sont déja venues l'affronter.

 

Départ 9 h 30. Ravitaillement à Marjane de produits frais et à 11 h je prends la route. Les intempéries ont marqué le paysage, quelques routes sont encore partiellement dégagées et par endroits, il subsiste des blocs de pierre. Les champs sont inondés, toute culture a été emportée. La traversée de Tiznit se passe bien, arrivé à Aglou, j’aperçois le trike jaune garé dans la camping, mais les propriétaires  doivent être en ballade.  A Mirlheft, les routes sont couvertes de boue, y compris sur les  ponts. Sur la falaise qui domine Legzira, des immeubles en construction se dessinent sur l’horizon. C’est ici que Brigitte a fait son vol en parapente. A 6 km de la destination, un dernier pont encombré d’un beau rocher semble sur le point de s’affaisser. En entrant à Sidi Ifni, je découvre un nouveau camping tout neuf, il y en a donc quatre maintenant. Je retrouve des gens qui n’étaient pas au courant, les Ardéchois passent de l’euphorie des retrouvailles à une profonde tristesse, les Anglais sont effondrés et Nordine, qui est au courant m’invite au café. J’en ai oublié le camping car et après avoir branché le 220, basculé le frigo et occulté mon pare-brise, je monte les marches que nous avons gravi cent fois, pour saluer Artus. Il est au courant, mais il est quand même défait ! Ce soir, je devrais avoir internet plein pot, ils ont installé une salle avec des prises et la possibilité de se connecter en wifi. Avant d’y aller, je prépare mes photos et mon texte pour aller plus vite et tenter Skype.  Mais rien n’est sûr, il n’y a plus de courant dans toute la ville.

 la plage    surfeurs de Taghazout    intempéries    intempéries

 Aglou    Aglou    Mirleft    Sidi Ifni  

 LUNDI J’ai réussi à mettre le site à jour, mais pour insérer les huit photos, il a fallu trente minutes. Aujourd’hui, très beau temps, mer agitée. Mes voisins Sonia, Serge et Celso sont surfeurs et viennent ici pour ça. Ils ne restent qu’un mois et en profitent un maximum. C’est leur dernière journée et les deux hommes vont s’éclater sous la surveillance féminine. Je leur emboite le pas pour faire quelques photos.  Le chien est aussi dingue des vagues et fonce dans les vagues sans problème. Cet après midi, je vais monter voir Milo au camping municipal et ensuite, je passerai au petit restaurant où nous avant fait la St Sylvestre. On se téléphone ou mail tous les jours avec Marie et JP.

             

Ce matin, je passe voir Artus qui m’invite à dîner ce soir à son restaurant pour manger. Ensuite je rends visite à Monique et Milo qui m’attendent pour le café. Je gère mieux mon chagrin et leur montre le petit film que j’ai mis sur mon téléphone. Puis nous parlons de la Mauritanie et de Jean Pierre et Chantal. Je suis encore programmé et je pense malgré moi « Quand je vais lui dire que je les ai rencontrés… » Je me suis pourtant habitué à ne plus consulter les conseils qui font partie de la communication d’un couple : « A quelle heure on part demain ? Il y a assez d’eau dans les réservoirs ? Je m’habille comment à ton avis ? » Et quand la route est longue ; « Tu veux qu’on s’arrête ici ? On mange dans combien de temps ? Tu crois qu’on peut se garer ici et prendre des fruits ? » Ces réflexes de vie à deux ne doivent pas disparaitre facilement !

J'ai passé la soirée avec Artus, après le repas, nous avons descendu quelques bières et beaucoup parlé, il a besoin de ces contacts avec l'Europe, parler d'autre chose que des moutons. Il me propose gratuitement une suite pour aussi longtemps que j'en ai envie. Il est vraiment super! Je pense que j'y passerai une nuit pour entendre la mer et dormir dans un grand lit au milieu d'une grande chambre avec la douche gigantesque juste à côté.

nouveau camping    nouveau camping    batiments neufs    vue depuis la suite

St SYLVESTRE Je suis invité à déjeuner chez Nordine et ses voisins.

Pour la première fois depuis quinze ans, à minuit exactement, je souhaiterai des vœux à une autre personne. Chaque année, l’exclusivité du premier baisé aux douze coups de minuit, quelle que soit la situation ou l’endroit, y compris dans une foule en délire et même si un téléphone sonnait, était pour nous. Rien n’aurait pu contrarier ce geste. Les conseils de ce voyageur bouddhiste ne m’ont pas encore apporté la sérénité.

Dans le résidence, l’ambiance est andalouse. Comme d’habitude, il n’y a que des hommes. Cinq guitaristes et un percussionniste se déchainent. Les spectateurs rythment la musique en frappant dans les mains. Seule notre table est servie en vin et les verres qui se succèdent m’enivrent. A minuit, Artus me souhaite la bonne année et me serrant dans ses bras, puis c’est au tour de son copain qui lui aussi m’étreint sans un mot. De retour au camping, je suis invité à prendre le champagne par des voisins et je me couche, basculant dans un vertige agréable qui me fera voir en rêve ce que j’attendais depuis si longtemps… Un bonheur furtif mais extraordinaire. L’oubli de la réalité, la croyance en cette rencontre.

Demain, départ pour Oued Mafatma, perdu sur une falaise dominant la mer. Grandiose et sauvage. La préparation consiste à avoir de l’eau, des cigarettes, du gaz et de quoi manger car il n’y a rien. Pourtant, ce bout du monde permet de se connecter sur internet via le modem.

Le monde nomade, se croise partout. JP est à Tafraoute, il me téléphone pour me dire que son pote Adrien est peut être à Sidi Ifni, je le trouve. Soudain, un égaré arrive, je reconnais Guy, un phénomène que j’ai rencontré il y a deux ans. Il cherche des gens en fourgon, qui devraient être plus au sud. Nordine les connait, il lui dit où ils sont. Avant de quitter Adrien, il me dit que je devrais croiser au sud des 41 avec une remorque. En arrivant au camping, je retrouve Guy qui à force de parler me dit qu’il habite à 35 km de Puivert et m’annonce au passage que c’est un village super et très touristique. Nous nous donnons rendez vous pour fin mars.  C’est ça le voyage.

Il règne ici un « radio camping car » aussi efficace que le « téléphone arabe ». C’est dans les campings où les critiques sont les plus fortes que chacun pense avoir trouvé le meilleur endroit pour se planter six mois. Les idées reçues vont bon train contre Atlantica parc où parait il, les clans se forment, où c’est cher, où on s’emmerde. C’était un peu mon premier jugement jusqu’à ce que j’y reste plus d’un mois. Il n’y a pas de clan, les échanges entre différents pays se passent bien, je n’y ai jamais entendu de propos hostiles, il y a trois restaurants à prix très abordable et de nombreuses activités sortent les gens de leur cabane. De plus, le parc aquatique et les transats sont gratuits en hiver et les commerces et services sont tenus par des employés extrêmement sympathiques. Les sanitaires sont impeccables, l’eau est potable et les méandres administratifs pour la prolongation sont effectués par le personnel de l’accueil pour cinquante dirhams. Je n’ai jamais fermé ma porte de camping car, tout mon matériel et mon vélo passent la nuit dehors et les six gardiens tournent toute la nuit. Tout ça pour un tarif raisonnable ! Sinon, il y a le grand sud où nous sommes rarement plus de cinq véhicules,  sans gardien, sans sanitaire, sans épicerie et surtout sans clan ni critique compte tenu du nombre. Je connais quelques campings immondes dans lesquels tout le monde s’espionne et pourtant, la plupart y reste six mois.

 Artus m'accompagne avec  un copain jusqu'à Laayoune. Comme il se lève tard, nous nous retrouverons chaque soir à une étape. Ca sent bon le désert, les routes sont droites, très peu fréquentées et le paysage monotone, hormis quelques vestiges de stations service ou troupeaux de chèvres. Arrivé à Tantan, lors du premier contrôle de police, ce sont des gendarmes qui demandent les papiers. Je me sens bien, ma ceinture est attachée et je respecte les limitations de vitesse. A la sortie de la ville, j'arrive à proximité d'un stop, un Sénégalais gesticule en tapant sur la pancarte. Croyant qu'il me demande de l'emmener ou de lui donner une cigarette ou autre chose, je franchit le stop sans m'arrêter, mais à vitesse réduite. Des policiers me font signe de m'arrêter. Contrôle de papiers et 400 Dh! Je proteste, lui dit que j'étais à 2 km/h, il ne veut rien savoir. Il emporte mes papiers et j'attends. Pendant ce temps, d'autres véhicules subissent le même sort. Finalement je paye et tente de faire un bilan, ça doit rapporter gros à ce carrefour. Je téléphone immédiatement à Artus pour le mettre en garde à cet endroit et reprends la route. En arrivant à El Ouatia, je vais directement chez Abdel et suis reçu par sa maman et sa soeur. Elles pleurent silencieusement... Quand Abdel arrive, il me propose de manger chez lui ce soir avec mes amis, qu'il ne connait pas. C'est à 19 h que nous nous retrouvons tous autour du coucous. Pour l'occasion, la soeur a rev^étu une jupe et un chemisier que lui avait donné Brigitte l'année dernière.

DIMANCHE  Direction Oued Chébika, Artus me retrouvera plus tard. Quel décor sauvage. Je m'installe sur la falaise et me connecte avec le modem Wana. Ca marche plein pot. J'ai encore un tas de mails, et je profite du retard d'Artus pour mettre le site à jour. Dès qu'ils arriveront, je préparerai un café puis nous irons faire quelques photos pour ensuite partir vers Oued Mafatma où le décor est encore plus grandiose et nous dormirons à Tarfaya, haut lieu de l'aéropostale du temps de St Exupery. Tarfaya, la ville du désert avec l'avenue qui mène à la mer balayée par le sable.

  la route    station abandonnée    Tantan    Oued Chébika

 Une fois installé, Abdel arrive avec une bande de copains. Ils louent une voiture et viennent passer le dimanche ici. Peu de temps après, Artus et Georges viennent se garer devant la porte. Le café et les gâteaux sont prêts. Aussitôt la séance de photos, je les presse car je veux leur montrer Oued Mafatma et ensuite Tarfaya. Je les invite à déjeuner, jambon, saucisson et yahourts. Artus qui ne comprenait pas comment on peut vivre dans une voiture, révise ses jugements. Il trouve ça génial. Je rencontre les amis d'Adrien et leur passe le bonjour de Sidi Ifni et nous entamons cette longue route qui nous amène sur les hauts lieux de l'aéropostale. Mais le village est si moche et triste que nous décidons de partir à Laayoune. Plus nous allons vers le sud et plus les contrôles de police sont fréquents. Nous prenons un verre dans cette ville à peine sortie du désert et je propose à Artus de m'accompagner pour déposer le camping car à l'aéroport comme me la suggéré un policier à l'entrée de la ville. Pas de chance, le policier responsable du parking de l'aéroport me dit sans les formes que ce n'est pas un camping. Il fait nuit et je me résigne donc à abandonner mes amis pour aller 10 km plus au sud où il est possible de stationner. Je les reverrai au retour à Sidi Ifni car ils rentrent demain. Arrivé sur la plage, je  m'installe sur un grand parking où sont installés une dizaine de voyageurs. Comme il fait nuit, ils sont tous dans leur cabane à l'exception d'un couple espagnol qui ont un tout petit fourgon et sont en panne de batterie. Nous passerons la soirée chez moi et partagerons les dernières bières qui me reste.

  Tarfaya    Tarfaya    Tantan  

Le lendemain, je quitte l'endroit à huit heures pour Boujdour, 200 km plus bas. La route est longue, mais arrivé sur place, je continue pour Dakhla, encore 350 km. Je mettrai en tout sept heures et demi. En passant devant la lagune, je découvre ce petit coin de paradis complètement engorgé de camping caristes. J'allonge de 30 km pour m'installer au camping Moussafir. Il y a beaucoup moins de monde et c'est mieux ainsi. J'ai croisé à une station essence des Sénégalais qui  me disent avoir payé à tous les contrôles de police sans exception. Ils sont six dans la voiture et devront partager les mille euros d'amendes. Ils ne viendront plus jamais au Maroc. Pour ma part, je n'ai plus vraiment envie de redescendre une autre fois dans le sud, je m'arrêterai au maximum à Sidi Ifni.

J'ai appelé Hassan, le directeur de l'hôpital. Il arrive une heure plus tard. Nous prenons un verre dans ma cabane, il me dit que j’ai vieilli et me suggère d’enlever les photos de Brigitte qui tapissent l’intérieur. Il m’houspille un peu, m’invite à dîner demain à condition que nous parlions d’autre chose. Une heure plus tard, je le raccompagne à sa voiture et je me fais inviter à manger une courbine avec Véronique et Christian. Je leur apporte du jambon fumé, ils explosent de joie. Je suis crevé de ces sept heures de route et prends congé à 22 h.

5 JANVIER Je rencontre Nordine, il me chante une chanson connue au Maroc, un marin qui revient et demande une permission à son capitaine pour voir Adèle. Il met sa casquette blanche et sa ceinture dorée pour aller la voir. Quand il arrive dans la famille d'Adèle, on lui dit qu'elle est sous la terre... Il est surpris de ma soudaine tristesse, je croyais qu'il savait, quand il apprend, il s'excuse, m'étreint et se confond en excuses. Il croyait que j'étais venu seul et qu'elle travaillait. Il me rapelle quand il y a deux ans, elle courait partout pour trouver une ambulance alors que j'étais en pleine crise de calculs reinaux, allongé sur le lit et me tordant de douleur. Nordine qui me saluait tous les matins "mes respects mon commandant" se frappe la tête et s'insulte pour sa maladresse. Christelle, une voyageuse a entendu et tente de me consoler, elle a connu le même drame en février. Moment difficile!

Oued Chebika    Oued Chebika         Salam                la grande route    

la grande route    Lagune Dakhla    la grande route    BAGDAD CAFE

Des 2 CV sont stationnées près de moi. Il s'agit d'une concentration qui se déroule à Bamako.Charlotte, LoÏc, Janot et Jéro sont en train de se faire 5800 km pour aller à cette concentration. Je leur apporte le ricard en attendant que Hassan vienne me chercher.  Nordine nous rejoint et continue à s'excuser.

Quand Hassan arrive, je reprends un ricard et nous allons dîner chez lui. Son épouse a fait un magnifique poisson et des pâtes. Nous parlons comme prévu de tout et il m'apprend qu'il a une maison à Agadir et qu'il sera heureux de m'y recevoir l'hiver prochain si je suis accompagné. Je sais que même seul, il m'invitera.

JEUDI 8 JANVIER Je vais à Dakhla en stop. J’ai pu mettre le site à jour. En revenant, je rencontre un Allemand et lui demande s’il peut me prendre quand il quittera la ville. Il est d’accord, mais doit prendre de l’eau au château d’eau avant de partir. Il est avec un couple d’Italien. Nous allons donc à l’endroit du ravitaillement. C’est par un trou en bas du mur d’enceinte que le tuyau passe. De l’autre côté, un homme refuse de passer le tuyau, la discussion s’engage en Allemand, italien et français, il y a des gamins partout qui tentent de traduire ce qu’on dit en arabe, un vrai dialogue de sourds. Nous voudrions cent litres et nous croyons comprendre qu’il faut prendre deux cents ou que c’est lui qui prend deux cents. Les gamins semblent insulter la personne que nous distinguons à peine, il se f^che et brandit un tuyau métallique, les gamins le défient à nouveau. Finalement, l’Allemand renonce à prendre de l’eau et se rend à la station essence où le responsable acceptera qu’il remplisse quelques bidons d’eau.

Nordine    2 CV    moutons   Humanitaire 

A midi, je suis de retour et Nordine m’apporte une assiette de spaghettis et une cuisse de poulet. Le soir, c’est Véronique et Christian qui me demande d’apporter une casserole pour récupérer du cassoulet. Et le soir, j’ai la visite surprise de Hassan. Nous parlons de nos deux religions, des interdits et de la tolérance pendant deux heures.

Après son départ, on frappe à ma porte! C'est le gardien qui vient avec Ghali, un adjoint du propriétaire du camping. Nordine lui a parlé de moi et ce dernier me dit que le tarif pour moi sera de 20 Dh. Je le remercie, et il ajoute que ce tarif sera à vie pour moi! Je suis vraiment étonné de cette sensibilité. Du nord au sud du pays, les attitudes machistes ne cachent pas cette sensibilité face aux évènements tragiques.

Ce matin, un convois de voitures s'installe dans le camping. Il s'agit d'humanitaires allemands qui se rendent en Mauritanie pour vendre ces voitures et donner l'argent à une maison d'orphelins. Il y a bien sûr une majorité de Mercedes et les bénévols sont de tous âges.

SAMEDI   Départ 7 h 30, je vais me taper Huit heures de route, la même qu'à l'aller, sauf que cette fois, la mer sera à gauche. Je prends un autostoppeur pour une cinquantaine de km. C'est un pêcheur qui va chercher des appâts! Il parle un peu français et sent très fort. Je me demande à quand remonte sa dernière douche. Heureusement, j'avais une bombe de parfum lilas, si bien que maintenant, ça sent le poisson au lilas. Après Boujdour, je prends un autre stoppeur. Il a les vêtements traditionnel du désert avec le chèche sur la tête. Il est fontionnaire à Boujdour et rentre au bled, à Foum el oued, tous les week end. Distance; 180 km. Je fais un arrêt casse croute dans une station isolée au milieu du désert. Il n'y a que des gâteaux, je l'invite à manger, il refuse que je paye. Arrivé à destination, il m'invite à dîner chez lui avec sa femme et ses trois enfants. Je m'excuse et lui dis que je suis fatigué de ces huit heures de route, que je dois m'installer sur le grand parking face à la mer et que peut être je vais retrouver des amis. Il comprend et me donne son mail. Je m'installe donc face à l'océan et je dormirai bercé par le bruit des vagues qui déferlent à moins de cinquante mètres. Et surprise! je peut me connecter sur internet.

bédouin        chibani    Foum el oued

DIMANCHE  Départ 7 H. Grâce au GPS, je trouve deux lacs que je n'avais jamais vus. Ce sont des lacs salés. J'ai relevé mes mails hier soir, je devrais retrouver Jean Luc à El Ouatia. Avant Oued Mafatma, je mets 120 l de GO pour moins de 60 €. Il est midi quand je m'arrête à Chebika, surprise, je trouve Nordine qui descend. Il me reste 40 km pour arriver à destination.

Arrivé à El Ouatia, je passe au camping "les sables d'or" je trouve Michele et Jean Luc et pendant que nous discutons un peu, je vois arriver Manu et Daniel, que j'avais rencntrés à Larache. Nous nous donnons rendez vous au lendemain et je vais chez Abdel. C'est Nora qui m'accueille car les parents sont à Tantan et Abdel absent. Quand tout le monde est réuni, nous mangeons tagine et faisons un tour de village. Ici, tout le monde se connait et peu parlent français. Lorsqu'Abdel jette un papier, je lui fais remarquer qu'il y a des poubelles et il me répond "Et celui qui est payé pour ramasser, qu'est ce qu'il va faire demain?"   Nous rentrons vers 11 h, je suis complètement crevé de mes deux jours de route. Il y a encore le thé à prendre et après une bonne douche, je vais me coucher. La matin, je suis debout à 7 h et j'en profite pour voir mon courrier et mettre le site à jour, car à Sidi Ifni, je n'aurai pas de connexion pendant deux ou trois jours. J'en profite également pour envoyer un mail à Michèle pour lui confirmer que je passe ce midi.

Je déjeune avec les Dijonais, nous parlons un peu de nos derniers jours et également de Marie Louise et JP. Le Maroc est petit!

Je suis vraiment comme chez moi avec la famille d’Abdel. Sa maman est toujours en train de rire, les enfants très calmes et il y a une véritable harmonie exemplaire dans ce noyau familial.

           

MARDI  Départ El Ouatia 7 h.  J’ai le temps de dire au revoir à Nora qui va prendre son bus, puis à la maman qui semble triste de me voir partir. Il y a des émotions qu’on ne peut tricher , qui sont sincères.  J’ai encore droit à un cadeau avant de partir ! J’emmène Abdel à Tantan à l’école hôtelière. Passé Tantan, on remarque que les pluies s’arrêtent ici, tout est plus vert sur les bas côtés, les cactus sont gonflés et les oueds ruissellent. A 30 km de Sidi Ifni, je m’arrête pour faire une photo et je remarque que le pare-chocs arrière est humide. Pas de chance, c’est du gas oil. Les bouchons des nourrices sont cassés et ça fuit. Ils sont restés accrochés derrière toute l’année et l’exposition plein soleil a du faire monter la pression jusqu’à ce que ça casse. Ce n’est pas très grave, je vais en vider un dans le réservoir et faire un pansement à l’autre.  Pendant que je tente de consolider avec ce que je trouve, un berger arrive et me propose son aide. Il met un sac plastique entre le bouchon et la nourrice, puis enroule le tout d’adhésif. Au passage, il se prend une giclée de carburant sur les mains et quand je m’apprête à partir, il me demande à profiter du véhicule pour emmener des papiers à la ville. Je ne peux lui refuser et arrivé à destination, il m’invite à passer chez lui un soir pour dîner. 

 

 

 

 

 

 SALON DE LA SUITE                    chambre                   salle de bain

petite chambre                     vue sur la mer                   terrasse

Je me gare à côté de la résidence d’Artus, il m’invite à m’installer dans une suite comme il me l’avait promis et je monte mes draps et mon linge pour faire une lessive, ou plutôt « une machine ». Je suis enfin dans cette suite dont la vue sur la mer est absolument magnifique. je m’installe ensuite sur la grande terrasse pour prendre un peu le soleil. Après la douche que je fais durer bien plus longtemps qu’à l’habitude, je descends dans les campings à la recherche vaine des Corses et d’Hélène et Guy. Je croise Adrien qui m’offre un café et me donne rendez vous à Agadir fin février. A mon retour à la résidence, je trouve Georges, l’ami d’Artus et mange un poulet frittes. Je réintègre mes appartements et regarde un film.

 Je ne peux m empecher de contempler ce decor en parcourant le balcon. Chaque jour, le ciel ou la mer sont differents.

 balcon            la baie

 

Le temps est médiocre, je trie donc tous les films et fais un montage. C’est un moment de bonheur. Il y a longtemps que je n’avais pas éclaté de rire en la voyant en images. Elle fait le pitre, elle se panique quand je m’aventure sur des itinéraires douteux et elle me fait les yeux doux. Je viens de monter trois petits clips que je relierai l’un à l’autre quand je serai de retour en France car il me manque les sorties motos. J’ai passé deux jours à trier et organiser tout ça. Demain, je prends la route d’Agadir et ferai une étape à Tifnit pour rendre visite au couple des cavernes qui vit en troglodyte. C’est de l’humour bien entendu.

Ce midi, j’ai déjeuné au restaurant de la résidence. Un bon plat de spaguettis. Je n’ai toujours pas compris comment les Européens qui restent plusieurs mois ici ne viennent pas chercher un peu du pays de temps en temps sur la plus belle terrasse de la ville pour prendre un repas au même prix qu’ailleurs. Il n’y a pas de mouche, la musique est douce et les serveurs sympathiques. De plus, la vue sur la mer n’est nulle part aussi belle. C’est vraiment surprenant.

Avant d’arriver à Agadir, je m’arrête à Tifnit pour voir les troglodytes. J’essaye de joindre les Français qui en possède un, mais je pense qu’ils sont encore en France. Après un passage à Marjane pour prendre des cigarettes, de la bière et des yaourts, je m’arrête à Uniprix pour voir s’il y a des babouches, des lunettes de soleil, des cendriers … Il n’y a pas de babouches violettes ! Pas grave, on cherchera ailleurs. Dernière ligne droite, je franchis la porte d’Atlantica parc, c’est les Minet (Marie et JP) que je croise en premier. Puis un coup de sifflet me stoppe, ce sont les Corse. José arrive alors et m’invite à déjeuner. Je suis au milieu de la route et quand les Minet, qui sont à pieds, me doublent, et m’invitent à déjeuner. Je me gare sur l’emplacement qui m’était réservé et c’est l’Allemand Uli qui vient me saluer, suivi du Hollandais. Le temps de brancher l’électricité et je vais déjeuner avec Rose et José du lapin, des spaghettis, du camembert et des chocolats. Je n’ai plus l’habitude de manger comme ça. L’après midi, je vais à l’accueil et c’est Latifa et Rachid qui prennent mon inscription. Je vais ensuite saluer Marianne et Jacques et cherche en vain les Italiens Domenico et Antonia. En rejoignant mon emplacement, je croise Boujama et Hicham qui me demandent de leur parler de Dakhla. Le soir, je mange un couscous au restau avec les Minet. J’ai l’impression d’être une star, de revenir d’une grande expédition !

Je suis crevé, je réglerai la parabole et internet demain. Je viens de faire 2610 km. Je vais m’enraciner ici au moins un mois.

 LE RETOUR AU CALME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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