LE MAROC

Le mois de novembre est très froid et les adieux seront chauds. Passage chez mes parents et la mère de Brigitte, invitation surprise chez Amélie et Geoffroy pour fêter Noël un mois avant, Puis soirée chez Nadine et Titou pour saluer leurs amis qui sont désormais les nôtres. La dernière journée s'est terminée à minuit. Nous avons rejoint notre cabane, garée sur les starting block, après avoir traversé le jardin glacé. A 6 h, le "Jmel Chibani" ébranle sa vieille carcasse et franchit le portail pour se lancer à travers la France jusqu'à Tarbes où nous passerons deux jours chez Christelle et Sébastien.
Le 2 décembre, nous démarrons pour le traversée de l'Espagne. Dernier coup de téléphone à Coralie et Florian avant la frontière, puis nous roulons jusqu'à Madrid où nous élisons domicile sur le parking d'une aire de repos. Le lendemain, nous nous installerons à Marbella sur le parking de Samir après lui avoir déposé un monstrueux sac qui libère à présent le couloir.
Samir nous emmène dans les quartiers luxueux de la ville et pendant la visite guidée de la ville, hors saison, hors weekend et hors soirée, nous croiserons quand même une Ferrari, une Lamborgini et quelques énormes cylindrées allemandes.
Le lendemain, nous faisons la connaissance de Bernard et Nicole sur le bateau. C'est leur première au Maroc et nous leur délivrerons tous les secrets de la réussite et leur indiquerons tous les pièges à éviter. En débarquant à Ceuta, nous faisons le plein de carburant détaxé, achetons des vivres frais et surtout du jambon, saucisson et alcool.
Première étape, Larache! Surprise! il me semble reconnaitre l'attelage de Jean Pierre et Chantal, nos compagnons de voyage pour la Mauritanie. Oui, ce sont bien eux, j'ai tenté de les contacter pendant un bon mois sur internet ou par SMS sans succès. Pas étonnant, ils sont au Maroc depuis deux mois et viennent de remonter à la frontière pour prolonger leur séjour.
Retrouvailles, apéro, rappel de souvenirs et prise de rendez vous à Oualidia dans quelques jours.
La traversée de l'Espagne s'était faite à travers les sommets enneigés jusqu'à Malaga. Ici, ce sont les inondations. Il pleut depuis plus de dix jours et ça ne semble pas vouloir s'arrêter.
A Rabat, nous nous rendons directement au "comptoir d'Agadir" où toute l'équipe nous accueillis comme Ulysse au retour de son odyssée. Mohammed et Abdou nous ont baptisés "les Lyonnais" Nous sommes invités au couscous par l'électricien, puis se sera le thé et nous partirons visiter ce que nous n'avions pas vu l'année dernière pendant que notre aimable électricien reverra et améliorera le circuit d’éclairage.
Nous ne sommes pas déçus de la visite, moi qui pensais qu'il n'y avait rien à voir, je suis vraiment ravi et mon appareil photo a encore l'obturateur tout fébrile. Nous sommes partis à pieds à la tour Hassan et au mausolée, puis au Chellah en taxi et enfin au palais royal.

              

 

Tout est à voir absolument, l'architecture et les uniformes des gardiens du mausolée, les ruines et les innombrables cigognes du Chellah et la splendeur du palais. Rabat se visite!
A notre retour, ce sera le thé et devant le refus que je paye la facture, je donne un billet au personnel et je dégotte un petit cadeau pour les deux frères.
Nous partons vers Salé, il fait nuit et je ne trouve pas le camping. J'apprends qu'il n'existe plus et me lance à la recherche du commissariat pour demander où m'installer pour la nuit.
Nous passerons une heure à tourner dans la ville pour finalement entrer dans le parking fermé du commissariat. Je me fais jetter et c'est une fois à l'extérieur que l'on m'indique le parking en face. Je me pose donc devant le salon de thé "Ottawa"  et fais la connaissance du gardien de nuit Ali. Il veillera particulièrement sur nous pendant notre sommeil et me demande d'avancer le véhicule pour bien le voir. A 6 h, il frappe pour me dire qu'il va se coucher, je lui propose une pièce qu'il refuse et je laisserai donc au barman un cadeau qu'il lui remettra ce soir.
Il nous reste à voir la kasbah, nous nous garons donc devant le comptoir d'Agadir, déjeunons avec l'équipe et partons en taxi. Les fortifications sont impressionnantes et une fois à l'intérieur, le bleu omniprésent nous rappelle Chefchaouen, les remparts en plus ainsi que la vue sur la baie de Salé. Je répète que Rabat se visite.

     

En début d'après midi, après avoir salué nos amis, nous partons pour El Jadida.
Il pleut toujours, les deux caisses de champagne de Didier affichent 2648 km. Une petite halte pour saluer Halim l'épicier, puis installation au camping. L'accueil est chaleureux, du gardien au cuisinier en passant par le jardinier. "Comment ça va? Et la famille?" Une petite  visite de la ville que nous connaissons le mieux nous emmène malgré nous dans le souk où ça grouille de monde. L'ambiance est particulièrement animée en cette veille de fête de l'Aïd. C'est comme chez nous avec les sapins, il y a des moutons dans les fourgons, les voitures, les remorques et même sur les mobylettes. Le patron du snack nous reconnait, le responsable du  cyber aussi. Nous passons à la banque récupérer notre carte bancaire toute neuve et sommes ainsi prêts à vivre comme les Marocains. 

      

                     
Didier  et  Isabelle , ont récupéré le champagne et nous invite à passer cet après midi chez eux. Nous décidons de nous y rendre à pieds par la nouvelle route de la corniche, soit 5 km du centre, lui même à 2 km du camping. Arrivés à mi parcours, le temps devenant menaçant, je tente l'autostop, la première voiture  s'arrête. Un homme nous invite à prendre place pour nous déposer à destination. Il est gai, bavard et plutôt sympathique. Arrivé à destination, nous apprenons qu'il a 88 ans, a travaillé toute une carrière d'ingénieur en France et il nous sort quelques photos et divers papiers prouvant ses dires. En fin d'après midi, Didier nous reconduira jusqu'au supermarché « Label'vie » et nous rentrerons en taxi avec quelques courses.
De retour au camping, nous retrouvons nos compagnons de traversée qui viennent d'arriver de Kénitra.
Le temps est toujours aussi mauvais, nous décidons donc de partir le lendemain pour Oualidia avec Bernard et Nicole. Nous prévenons Jean Pierre pour qu'il nous réserve deux place près de lui.
Avant de partir, je m'embourbe dans le terrain détrempé par les précipitations de la veille. Je suis habitué à me garer dans des endroits incertains, une fois de plus on va rigoler. C'est finalement Bernard qui me sortira de là en me tractant avec des sangles. Arrivés dans la lagune, le temps n'a pas changé et nous faisons l'apéro sur le parking malgré tout, en priant qu'il ne pleuve pas. Nous invitons Henri et Marie Jeanne, un couple de restaurateurs de Villefranche tout récents jeunes retraités. Nous passerons la soirée à la célèbre "Araignée gourmande" citée dans tous les guides et connue de tous les Marrakis. C'est Brahim qui a plus ou moins monté le coup. Moules, coques palourdes et plateaux d'oursins, suivis d'araignées, de soles et de dorades. Nous remettrons le couvert le lendemain avec un couscous commandé par Jean Pierre à un gardien.

   

Il fait froid et nous avons mis les campings car en carré comme les cow boys. Le temps ne change pas et nous décidons de partir pour Marrakech aussitôt le repas.
Une fois installés au "relais de Marrakech" nous prenons un verre au bar. Quand Gilles, le patron, entre, il ouvre grands les yeux en nous voyant : "Mais, c'est le chanteur de Johnny!"
Nous dînerons ensemble et rejoindrons notre cabane pas trop tard, le temps est encore médiocre.
Ce matin, 12 décembre, le soleil montre le bout de son nez! Ce n'est pas les grandes chaleurs, mais c'est agréable. Nous pensions avoir la wifi, mais tout est en panne. Réparation aujourd'hui 13, essais et ça ne fonctionne pas! Nous irons donc au cyber du bled voisin et appellerons tout le monde avec Skype.
Dimanche 14, nous allons faire quelques courses au supermarché Marjane et partons voir l'avenue Mohammed V, où nous réussirons à nous garer devant la terrasse du café Elite. C'est sous la pluie que nous ferons les 3 km bordés des grands hôtels et terrasses de café branchés et parsemé d'orangers. De retour au "relais", je plie l'antenne, le panneau solaire et le haut vent. Je tends une corde en travers de notre petit salon pour que le linge mouillé sèche cette nuit.
Ce lundi est toujours aussi couvert, nous partons donc pour Essaouira et en cours de route, nous bifurquons pour le "camping car Maroc", seul concessionnaire loueur et réparateur de camping car. C'est sur la route de Fes à environ 14 km. Pas facile à trouver, mais je conseille de persister car ça vaut plus qu'un détour:
http://www.campingcarmaroc.com

 

Pascale et André ont ouvert depuis peu et ont fait d'un terrain vague un mignon petit camping où on se sent bien immédiatement. C'est vraiment très beau, les patrons sont souriants et dévoués, tout est impeccable et il n'y a rien à dire. Ah si, il n'y a pas encore d'eau dans la piscine, mais ce devrait être bon en mars. Au passage, je demande à André de regarder mon chauffe eau qui m'a lâché. Quand il débarque avec ses appareils de mesure, il me met à l'aise en m'indiquant son tarif horaire très raisonnable, ajoutant que je ne paierai pas s'il ne règle pas la panne. Après quelques coup de téléphone, il m'informe que le constructeur ne fait plus de pièce (il a 17 ans mon Truma) Comme ses tests lui semblent bon, il me conseille de nettoyer le brûleur avant de décider d'en acheter un autre. Nous verrons ça au retour en France et nous ne pourrons donc faire du camping sauvage qu'occasionnellement et userons donc des campings équipés de douches chaudes. Cette année sera plus rustique que les autres. Il faudra jongler de temps en temps avec les lingettes et la casserole qu'on fait chauffer sur le gaz. Nous passerons la nuit au "camping car Maroc"
En attendant, André nous invite à utiliser la douche du restaurant.
Cap au sud en espérant trouver du beau temps à Essaouira. Mes deux bouteilles de gaz sont vides et par chance, l'usine où se remplissent les bouteilles de propane est sur la route. Cette année, je ne fonctionnerai pas au butane car l'année dernière, mes brûleurs de frigo se sont encrassés. Le seul avantage de ce choix était de pouvoir me ravitailler facilement puisque chaque épicerie a son stock de bouteilles. En revanche, il n'y a que quatre dépôts de propane dans tout le Maroc. C'est donc sur la route de Safi à 8 km de Marrakech que je les remplirai à 10 kilos. Après deux heures de route, nous retrouvons le st Malo marocain. Cette petite ville côtière est vraiment charmante. Aussitôt garé sur les parkings en face des remparts, nous entrons dans la médina et retrouvons rapidement nos repères. Il fait bon, les vendeurs nous invitent à visiter leur échoppe, nous sommes enveloppés des senteurs d'épices, des effluves de viande grillée et de la musique des vendeurs de CD piratés. La promenade sur le port sera aussi agréable. Les mouettes se battent pour quelques tripes de poisson lancées par les pêcheurs et nous frôlent. Ca sent la friture de poisson à côté des petits restaurants alignés le long du parking. Le soleil est très bas et donne aux  contre-jours orangés une ambiance surréaliste. Au loin, la grande plage est vide et la mer scintille de mille feux. Le lendemain, mêmes flâneries vagabondes, nous repassons dans la médina, puis errons sur la grande plage et retournons vers les mouettes. Brigitte fait des photos au milieu de la nuée de ces oiseaux quand elle se prend une fiente sur la tête.

             

 

Je suis complètement écroulé de rire, c'est tellement comique de la voir horrifiée de ne pouvoir se débarrasser de cette tiède et multicolore décoration. Ce n'est pas très fréquent ces accidents et c'est pur cette raison que les promeneurs ont l'air bien amusés et je ris encore plus quand brutalement, le même incident me stoppe et renverse la situation, c'est à son tour de bien se marrer, et il y a de quoi car l'oiseau coupable avait du faire un très copieux repas. C'est au premier bar que nous nettoierons tout cela. Le soir, nous dînerons au restaurant "Laayoune" une côte de bœuf qui ressemblait à une côtelette de mouton bouillie. Dans ces petits  restaurants il vaut mieux manger un tagine ou un couscous pour ne pas être déçu.
Après deux nuit passées dans cette petite ville de loin notre préférée, nous continuons vers le sud.
Le camping le plus select de la région d'Agadir est toujours aussi animé. Ils ont réussi à construire un parc aquatique en six mois. Il n'a rien à envier à nos aqualands. Tout y est, les tubes, les toboggans géant, les piscines et tout cela entouré de transats et surplombé d'un grand restaurant panoramique. Extraordinaire! Et on évolue dans ce décor, on s'installe pour bronzer, on y déjeune pour un prix vraiment raisonnable... Nous retrouvons Hicham, notre couturier, la charmante épouse du patron qui nous tient la conversation, tous les petits artisans qui nous saluent chaleureusement et nos amis hollandais Jacques et Mariane.
Puis le soir nous irons sur internet et aurons Chantal sur Skype avec une qualité de son et d'image parfaite, comme si nous étions à Côté. Quand je pense qu'il y en a qui communiquent encore au clavier sur MSN comme au moyen âge!
Nous aurons également Cora, Florian et Jo... sur MSN... Va falloir se moderniser un peu!

 Nous revoilà donc à Atlantica parc, ce camping 4 étoiles qui m'avait surpris par sa population de sédentaires à confortable retraite, par son confort hors normes et par ses prix un peu hauts. Finalement, j'ai revu ma copie. Les prix sont somme toute raisonnables compte tenu de ce que nous avons vu par la suite à qualité égale. Il est vrai que nous apprécions beaucoup les petits coins perdus au confort rustique et à l'accueil inégalable! En tous cas, pour une période de deux à trois mois, ce genre de camping permet de se reposer après les étapes de baroud. Le cyber qui compte douze ordinateurs et huit emplacements de portables, permet une connexion de quatre mégas pour dix Dh de l'heure. La journée passée au parc aquatique avec transats gratuits hors saison et il est même possible de manger entre 25 et 60 Dh!  Enfin, si vous restez plus de trente jours, la journée de camping est de 60 Dh. C'est donc le grand luxe tout confort avec en plus une vie de village sur la place des artisans et commerçants avec qui nous prenons le thé à l'occasion.. C'est la meilleure température du Maroc et lorsque nous allons à Agadir, nous longeons les grandes plages et traversons quelques villages. Cerise sur le gâteau, Latifa, la patronne que nous croisons tous les jours à la piscine, a toujours un petit mot sympathique.

              

 

Cette nuit, Brigitte me réveille, j'enlève les boules de mes oreilles, ces petits artifices que j'utilise quand je veux passer une bonne nuit. Une alarme retentit dans le camping car. Est ce celle du gaz, ou l'intrusion? Non, c'est le convertisseur 220 v qui m'avertit que les batteries sont faibles! J'avais oublié de l'éteindre. Conséquence, demain je ne brancherai aucun appareil avant 10 h, le temps que le solaire compense.
Le temps est couvert ce matin, on n'est jamais content! La bonne humeur de nos nouveaux voisins n'en est pas pour autant perturbée. D'après tous les vieux habitués du Maroc, la température serait bien plus fraîche que les autres années. Je comprends soudain pourquoi nous avons si peu de mouches. L'absence de ces insectes frileux est un indice révélateur de température.  
 

C'est donc décidé, après notre vadrouille à Sidi Ifni et Tantan, nous viendrons nous installer un mois avant de finir notre péripétie à Taroudannt et notre retour vers le Portugal. Nous ne serons pas à Tata le 24 décembre pour la messe de minuit, nous ne verrons donc pas Jacques Chirac.
Ce matin, nous prendrons le café avec Mariane et Jacques au parc aquatique. Nous parlerons entre autre de la crise financière mondiale qui touche également le Maroc. Il y a eu flambée des prix sur l'huile d'argan, elle est passée de cent à plus de deux cents Dh.
Nous avons retrouvé Hicham, le couturier, Hassan le vendeur de panneaux solaires et l'autre Hassan, installateur de numérique et télévisions. Nous avions  profité de leurs compétences  l'année dernière. En passant, les décodeurs numériques qui sont flashés pour recevoir 1400 chaines ne fonctionnent qu'un an, après il ne reste que les chaines TNT françaises et TV 5. Hassan nous a baptisé Ahmed et Aïcha. Pour le solaire, il n'y a rien à dire, celui que j'ai fait installer est trop puissant pour mes deux batteries. Hassan m'a demandé de mettre son téléphone sur mon site, je le fais pour la qualité et le prix de la prestation: 060 71 72 42.
Ali, le coiffeur, s'occupe toujours des dames dans son petit salon, et tout es ces petites boutiques donnent  une ambiance de village.
Un nouveau commerçant s'est installé, Boujama. Il fait partie de ces polyglottes  philosophes  qui aiment parler et écouter.
Quelque soit l'état et l'âge des téléphones portables destinés à nos amis marocains, ils sont toujours les bienvenus. Ils ne sont pas débloqués, mais ici tout se bricole, tout se répare et les accessoires comme chargeur allume cigare ou batterie sont très bon marché.

22 décembre 2008: départ pour Sidi Ifni. Tout se passe bien, si ce n'était un gamin armant son bras pour lancer une pierre sur le véhicule  a semble t il une mauvaise intention. Comme je freine brutalement, il est tout à coup dissuadé et la mauvaise action ne sera pas exécutée.  Alain et Monique, nos premiers guides ont téléphoné, ils sont à Marrakech. Comme le timing a complètement changé à cause de la météo, nous nous sommes loupés.
Nous allons tester le camping qui était en grande restauration l'année dernière. L'entrée n'est pas très accueillante, mais à l'intérieur, c'est propre et l'accueil est correct. Le forfait avec électricité et douches chaudes est de 60 Dh, moins cher qu' El Barco. Nous sommes plus loin de la mer, au moins deux cents mètres, et surtout, pas à l'ombre de la colline qui nous masquait le soleil jusqu'à onze heures. Nous aurons le soleil plus tôt et ce sera moins humide le matin. Nous sommes bien mieux organisés que l'année dernière, quand nous ouvrons les placards à l'arrivée, rien ne nous tombe dessus.
La petite promenade du soir nous fait redécouvrir ce décor espagnol comme si nous l'avions quitté la veille. Nous n'avons pas vu Artus, il est à Marrakech.
Ce soir, ce sera cinéma sur le portable. Au programme " No country for old men" Nicole et Bernard nous téléphonent, ils sont à Agadir et ont retrouvé Henri et Marie Jeanne.

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Sidi Ifni, nous sommes à l'extrême limite de réception satellite. Notre parabole devrait mesurer 1,80 m pour que ce soit parfait. Il est quand même possible de recevoir, mais le réglage est difficile. Ma boussole me permet de dégrossir et ensuite c'est au millimètre qu'il faut tourner. Après une heure de tentative, je renonce. Je ne suis pourtant pas loin, mais quand il faut jongler entre le site et l'azimut! Je demande donc finalement l'intervention d'un technicien comme je l'avais fait l'année dernière au pied de l'Atlas pour 20 Dh. Le spécialiste tourne à peine le mat, et miracle, il a la main magique, je reçois! Contrairement à celui de l'Atlas qui avait passé une bonne demi-heure en intervenant sur le décodeur, il me fait ça en deux minutes. Je pense qu'il ne me fera pas payer, pas de bol, il me demande cent Dh, le prix d'un couscous préparé pendant une heure et livré à domicile. Je proteste, il a toute les bonnes raisons pour obtenir cette somme et quand je lui dis que c'est environ cinquante fois le tarif de son collègue épicier, il ne démord pas. Le pire, c'est que je l'utiliserai deux heures pour les informations avant de descendre plus au sud où là, ce ne sera techniquement plus possible.
Nous avons retrouvé Oliver chez Artus. Il arrive d'Ethiopie et cette année il a volé au Népal, en Europe et prépare un article pour une revue de parapente française. Il parle bien français mais m'a demandé de revoir son texte sur l'Ethiopie destiné à la revue française "vol libre".
Cet après midi, un nouvel arrivant s'installe à côté de nous. Il vient du Lot. C'est certainement celui qui connait le pays mieux que tout autre. Il a été affecté comme enseignant en 1969 dans l'Atlas où il est resté cinq ans. Depuis, il revient au Maroc chaque année. Il a commencé en 2 CV, puis en 4X4 et cette année, pour la première fois il est en camping car. Il ne peut se passer du Maroc, il en a vu des changements pendant ces quarante  années! Il m'a donné des informations sur les vestiges de la légion étrangère, sur la marche verte qu'il a vu, de ses expéditions dans le sud du pays avec sa 2 CV, et de l'époque où le goudron s'arrêtait à Agadir. Il regrette de ne pas avoir pris le temps d'écrire un livre comme je l'ai fait. De ne pas avoir pris de notes en temps réel afin de n'oublier aucun détail.
26 décembre, il fait chaud et ce midi, nous déjeunerons au restaurant El Hourria, sur la terrasse que nous avions appréciée l'année dernière. Le serveur nous reconnait, et pendant que je m'installe, Brigitte va chercher mon livre pour lui montrer. Un garçon que nous avions rencontré avec Hassan, et qui parle à peine français me reconnait. Ce n'est pas facile de communiquer. Je lui rappelle que nous avions fait le pain avec lui, il a vaguement compris. Il s'installe à ma table et ça me met un peu mal à l'aise. Comment lui faire comprendre que j'ai l'intention de déjeuner tranquillement avec Brigitte? Il ne dit pas un mot, je ne sais quoi dire... Bien que ce soit un gentil garçon, il va, sans même s'en rendre compte, gâcher notre repas. Pour tenter de dissiper ce malaise, Brigitte lui donne une de ses brochettes, mais l'ambiance reste troublée par cette gêne qui ne semble pas le toucher. Finalement, nous quitterons la table aussitôt le repas sans prendre le café. Cet après midi sera consacrée à la bronzette.
En attendant la saint Sylvestre, nous prenons nos habitudes au camping. Les douches sont bouillantes, c'est propre, pas loin de la boulangerie et une simple petite porte nous donne accès à la mer. Nous passons notre temps entre lézarder, monter des escaliers qui mènent chez Artus, flâner dans le bled et des petites lessives de temps en temps. Le soir nous regardons le résumé des infos et lisons ou regardons un film.

C'est le jour du grand souk et nous devons acheter du savon noir. Avant, Alex m'emmène en scooter acheter un tapis de sol et nous reviendrons avec deux rouleaux de deux mètres installés entre ses jambes. Les Marocains sont surpris de voir un tel équipage! L'après midi, nous gravirons ces innombrables marches avant d'arriver sur l'ancien terrain d'aviation. Toute la ville est là et déambule entre les fruits, légumes, quincaillerie et autres étalages. Les pyramides de mandarines, les tentes, les épices, et les djellabas colorient ce décor et les odeurs nous imprègnent. Nous croisons quelques touristes s'interrogeant sur les prix, des vendeurs garantissant l'origine des bananes ou la pureté de l'huile d'olive. Une heure plus tard, nous redescendons avec cinq kilo de savon noir, des mandarines et un grand sac de légumes. En arrivant au camping, chacun se vante d'avoir le mieux marchandé.
Nos voisins niçois, Alex et Josiane et les basques y sont allés en scooter. J'ai transféré une trentaine de films dans le PC d'Alex hier soir. Il me dit qu'il ne peut les lire! Je me mets alors à la recherche d'un codec divx. Ce n'est pourtant pas grand notre cabane! Je mettrai au moins une demi-heure à trouver le logiciel magique et lui installerai sur son PC.
Je ne me souviens pas avoir trouvé une ambiance aussi sympathique dans un camping. Tout le monde fait la causette à la moindre occasion. Les Basques et les Niçois sont nos interlocuteurs les plus proches et rapidement chacun sait tout de l'autre. Les enfants et petits enfants, puis les pays visités et enfin les améliorations ou bricolage sur le camping car. Alex nous a donné une folle envie d'aller en Finlande où paraît-il, ce sera l'endroit rêvé de tout photographe.
Ce matin, je plie l'antenne, l'auvent, le marchepied et range tout ce qui pourrait tomber, nous allons à Legzira, cet endroit où l'année dernière j'avais failli ne pas remonter la côte vertigineuse et où Brigitte a fait son baptême de parapente. Cette fois, je ne descends pas le chemin à flan de colline. Le marée est montante et nous aurons peu de temps pour aller sous les arches rocheuse qui enjambent la plage. C'est un peu Etretat, mais en rouge et beaucoup plus large, un peu comme à Vallon pont d'arc. Pour les photos, ce n'est pas la bonne heure, mais on essayera de rendre aussi majestueux cet endroit qu'il l'est. Cette arche est constituée d'un mélange de terre solidifiée avec des galets noyés dedans. Cà ressemble à un nougat géant et je pense qu'avec l'érosion, les galets du plafond doivent se desceller de temps en temps. Je me demande s'il n'y a pas eu d'accident?

      

A notre retour, nous retrouvons cette ambiance que nous n'avions jamais rencontré ailleurs. On se sent vraiment bien ici. A notre retour de Tantan, il est fort probable que nous restions quelques jours avant de rejoindre Agadir.
Ciel couvert! Aujourd’hui, ce sera visite des campings cars. Le fourgon Adria, avec son lit tout fait, la douche, le solaire, tout ça dans un fourgon qui a l'avantage de passer inaperçu sur un parking. Ensuite, l'intégral Hymer 585, que nos voisins Basques nous font visiter. C'est un intégral court avec un lit au dessus des fauteuils de route,  installable en cinq secondes. Le salon est immense, la cuisine à l'arrière et une douche séparée des toilettes. Des immenses coffres sous le plancher permettent de ranger le mobilier pliant. L’organisation de l'espace de vie est fonctionnelle et spacieux. Alex et Sylviane ont la version moderne du notre. Le frigo congélateur est à la place de notre meuble vitrine. Les Ardéchois ont le même que nous avec capucine. C'est un modèle hiver avec double vitrage et plancher isolé. La chambre étant sur la cabine, il est beaucoup plus court. La remarque unanime focalise sur le mobilier en bois, la garde au sol

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