OUF! NOUS Y SOMMES

Brigitte est malade, ça me contrarie beaucoup et arrivés à destination, je cherche ce foutu camping que les gendarmes nous indiquent en contradiction l’un par rapport à l’autre selon le carrefour que nous franchissons.  A un moment, je demande ma route, Brigitte tente de se contenir et quitte sa place tranquillement pour aller vomir pendant que je parlemente ! Nous trouvons enfin, c’est une piste complètement défoncée qui nous emmène à travers un chantier et nous slalomons à travers les tas de sable et les ornières profondes dans un noir d’encre que mes phares percent uniquement devant le véhicule. On devine sur les côtés des maisons en construction, et nous arrivons enfin. Brigitte se couche et je raccorde l’électricité pour ne plus tirer sur le gaz et le 12 v.

MARTIL

30 octobre                                                                                                                                                                                                                             Au petit matin je découvre des véhicules allant du super baroudeur au bus double étage. Ca sent l’aventure. Nous faisons la connaissance de Monique et Alain, des vieux routards qui sillonnent le Maroc depuis 8ans. Ils viennent d’investir dans un Land Cruiser ultrasophistiqué équipé d’une cellule démesurée. C’est un 4,2 litres équipé de quatre batteries, panneaux solaires, groupe électrogène et compresseur pour ses énormes pneus. Ils viennent de Béziers et ont bourlingué un peu partout. Il me montre tous ses raccords de gaz, eau et électricité. J’ai encore beaucoup à découvrir dans le domaine de la bidouille. Il peut remplir sa bouteille de gaz par gravitation avec un kit, il peut se brancher sur tous les robinets imaginables, Ses 4 plaques PSP sont énormes, l’intérieur de la cellule est même chauffé par le circuit moteur.

 

 

Il me rassure pour mon pneu et me propose de m’indiquer les endroits où tout se trouve, je fais ainsi l’acquisition d’un pneu huit couche pour 65 Euros, main d’œuvre comprise.  Ils sont intarissables sur le Maroc et c’est vrai.   Nous partons en direction de Rabat, nous commençons à être un peu blasés par ces km, bercés par le ronronnement du moteur et je décide de faire la pause de midi à Larache. Surprise ! Monique et Alain sont installés, nous saluent et inévitablement nous repartons à la recherche du petit truc que nous ne connaissons pas, du renseignement typique que les touristes ne connaissent pas.

 

SKHIRAT

Larache est un centre de transit gratuit où il est possible de se doucher, manger, ou dormir.   Nous avons du mal à repartir tant les tuyaux et autres conseils ces deux voyageurs sont riches. Le soir, nous cherchons comme d’habitude en pleine nuit le camping Rose Marie de Skhirat. Nous sommes bien entendu dirigés par des indications hasardeuses vers une piste encore plus défoncée que la précédente. Il y a une ornière gigantesque d’au moins trente mètres que je franchis à la lueur des phares en me mettant à cheval dessus. C’est un peu chaud, je ne pensais pas que le camping car aurait pu franchir un tel obstacle. Heureusement les vieux modèles sont très hauts et je m’en sors bien. Manque de bol, j’arrive dans un cul de sac où il n’y a pas de camping. Je suis dans une sorte de médina aux ruelles étroites, dans le noir total et je me demande comment je vais pouvoir faire demi tour. Après bien des difficultés, je parviens à retourner sur mes pas et refranchir cette ornière sans toucher le sol. 

31 octobre   km 2609, Nous avons passé la nuit au camping Rose Marie pour 65 Dh. Il n’y a que 10 emplacements dans un terrain fermé appartenant à l’hôtel du même nom. J’achète du pain et nous repartons en direction d’El Jadida. La traversée de Casablanca est laborieuse. Dans les embouteillages, à un feu rouge, des gamins semblent se lancer des défis pour déverrouiller les rampes d’un camion qui transporte des voitures. Lorsque le chauffeur descend, ils détallent en criant et reviennent dès qu’il remonte dans sa cabine. Au moment où ils passent devant nous, l’un d’eux crache sur Brigitte qui a sa fenêtre ouverte. Ils se font houspiller par ancien à mobylette, puis le feu passe au vert et nous continuons notre route. Nous passons devant la grande mosquée, impressionnant monument pausé sur la mer. Nous ferons étape à Tamaris plage.

                                                                                                                     EL JADIDA

 

Km 2753, nous sommes à El Jadida. Il y a des drapeaux partout, des gendarmes à tous les carrefours et des barrières prés à être mise en place le long des routes. Nous interrogeons un cantonnier qui nous dit que sa majesté le roi Mohammed VI vient demain en visite officielle. En entrant dans la ville, nous sommes impressionnés par la corniche du bord de mer. On se croirait sur la promenade des Anglais ! D’immenses cocotiers bordent l’avenue qui mène à la cité portugaise en longeant une superbe plage. Nous tournons un peu dans la ville, d’autres avenues à quatre voies relient des quartiers grouillant de badauds, vélos, Taxis et autres charrettes attelées par des ânes. Nous allons faire une étape de quelques jours pour prendre un peu le temps de déambuler dans la ville, ouvrir un compte dans une banque et rencontrer des adhérents du groupe « expateljadida »

 1° novembre                                                                                                                                                                                                                      Nous nous sommes installés sérieusement, avons sorti la table et les chaises pliantes, descendu les vélos et basculé tout en 220 v. J’envoie un texto à Josiane et à Didier pour les avertir de notre arrivée. Nous enfourchons nos vélos et faisons une reconnaissance sur la corniche et dans la ville. Quand on n’est pas Marocain, il faut beaucoup d’adresse pour jongler entre les piétons, les voitures et les autres vélos.

 2 novembre                                                                                                                                                                                                               Aujourd’hui, grande lessive et grand nettoyage, puis cyber café. Bien entendu, il n’y a personne comme avant-hier. Nous envoyons donc un message groupé et donnons rendez vous dimanche 14 h à tous nos contacts. Il risque d’y avoir embouteillage sur MSN. Surprise, au retour, nous voyons Monique et Alain garés près de nous. Ils nous serviront de guide pour la visite du souk et de la cité portugaise.

3 novembre   Josiane et Pierre nous emmènent avec notre linge sale dans leur duplex. Pendant que le lave linge tourne, nous visitons leur appartement. C’est très joli, ils ont choisi le côté Est pour ne pas subir la fournaise de l’été. Puis nous allons déjeuner à l’hôtel de Provence et à nouveau parcourir le souk à la recherche de tissus et poufs. A 16 h, nous rejoignons Isabelle et Didier au bar de la perle. Nous nous retrouvons tous les six alors que nous ne nous connaissions que sur internet. Isabelle connaît bien tous les marchands de tissus et tailleurs et nous guide dans les échoppes de la ville.Nous visiterons le superbe appartement d’Isabelle et Didier et repartirons chez Josiane pour récupérer notre linge. Nous avons passé une journée très enrichissante et rencontré des gens sympathiques.

 novembre                                                                                                                                                                                                                     C’est aujourd’hui dimanche, nous allons passer une journée à fouiner, riches de nos conseils, pour trouver quelques décoration et embellir le camping car. Ensuite, nous irons sur la toile pour tenter de converser avec ceux de la haut dans le froid de notre vieille Europe.

5 novembre                                                                                                                                                                                                                           Une bouteille de gaz est vide. Je me rend à la petite boutique la plus proche et commande une bouteille. Le patron me propose de me la livrer gratuitement, j’accepte, il sort sa mobylette et me dit de monter derrière. En entrant dans le camping, le personnel se marre. J’ai l’impression que ce n’est pas fréquent.

 10 novembre     Nous partons vers 10 H. Un passage à Sidi Bouzid, petite ville déserte complètement neuve. Oualidia est presque aussi neuf, la lagune superbe et les marchands de poissons et crevettes vendent en sillonnant les rues à vélo.

SAFI

 Lorsque nous faisons notre halte à Safi, nous visiterons la médina, un peu trop oppressante pour Brigitte. Au parking suivant, nous sommes envoyés par le voiturier aux fabriques de poteries. Tout est prévu, un guide nous prend en main, et la visite est pédagogique. Il est un peu collant, nous propose bien entendu des objets à une somme astronomique. Nous réussissons à baisser le prix de moitié, il nous offre un cendrier, nous donne son briquet qu’on lui a sans doute donné juste avant et nous suit après la visite. Il nous guide vers le bar qu’il a choisi, son frère arrive, nous donne une assiette et nous avons bien du mal à nous débarrasser de ces deux personnages. Finalement, c’est au parking qu’il nous demande cinquante Dh qu’il distribuera aux artisans que nous avons vus. Nous lui donnons trente. Son « frère » nous demande un cadeau, puis le voiturier sa part. Les cinq Dh ne lui conviennent pas, je me fâche et nous quittons l’endroit après avoir payé 35 au lieu de 60 et sans avoir donné de cadeau.

 

OUF ! La visite était intéressante, mais les guides très pénibles, je le savais pourtant !  Nous avons pris beaucoup de retard, nous décidons de ne pas dormir ici et nous partons vers Essaouira. Une fois de plus nos roulons de nuit. Je cherche un camping situé sur la route côtière, d’accès difficile. Je m’arrête à chaque bled pour demander ma route, personne n’est capable de me renseigner.                     Finalement, nous poussons jusqu’à Essaouira et nous installons sur un grand parking face aux remparts. Le voiturier se jette sur nous et demande trente, nous lui donnerons vingt.  La médina est superbe, c’est relativement propre et après une rapide visite nous nous couchons. Il fait nettement plus chaud et plus sec.

  ESSAOUIRA

11 novembre      

A 7 h, la ville est calme, nous sommes dimanche. Nous ne sommes pas déçus par la promenade sur les remparts d’où nous avons une vue sur la côte. Direction Agadir. La route ne longe pas la côte et nous découvrons un paysage aride qui nous prépare pour le grand sud. Quelquefois, nous approchons de la mer et surplombons des criques de toute beauté. Dans la région des arganiers, des vendeurs d’huile jalonnent la route et les bergers laissent leur troupeau de chèvres escalader cet arbre aux huiles vertueuses.     Pour une fois, nous arrivons de jour au camping Atlantica Parc. Nous y resterons trois à quatre jours pour profiter un peu de la plage et faire le grand nettoyage.      Les sanitaires sont impeccables, c’est propre partout, la plage est à 500 m. Les clients sont à 80% obèses, ils s’installent ici pour plusieurs mois et s’occupent en tricotant des couvres rouleaux de PQ, en dirigeant leur parabole pour avoir « les feux de l’amour » et en discutant très fort. Il n’y a pas de chats errant comme partout ailleurs.

12 novembre Nous partons à la plage à vélo, au retour, Brigitte fait une chute à l’arrêt pour la deuxième fois. Sur le petit bout de route, nous croisons, reconnaissons et sommes reconnus par Didier et Isabelle qui arrivent d’El Jadida. Si Brigitte n’était pas tombée, nous les aurions loupés.

                                                                                                          AGADIR

13 novembre   Nous partons faire des courses à Agadir et téléphonons à Alain et Monique, les bédouins en 4X4. Encore un coup de chance, ils sont semble t il à dix minute à pied d’où nous sommes installés pour déjeuner. Ils proposent de nous rejoindre au restaurant car nous sommes déjà servis. Nous passerons l’après midi ensembles et marcherons sur la grande plage. Nous mettons 55 l de gas oil pour 500 Dh, nous sommes au km 3421.

14 novembre   Nous partons à la plage avec le camping car. Au bord de l’eau sur une très belle plage, il est tôt et des centaines de mouettes semblent finir leur nuit. Lorsque je stationne le véhicule, j’ai à présent de plus en plus peur qu’il ne redémarre pas et me mets sur un faux plat quand c’est possible. En cas de problème, je n’aurai qu’à pousser. 

Nous sommes comme d’habitude interpellé, un marocain nous propose ses services en tôlerie et peinture. Il manie la résine, l’éponge et les couleurs et nous montre des photos de ses réparations. Pour 1000 Dh, il nous fait les bas de caisse  de la même couleur que les neufs. Je négocie à 800 et Brigitte demande tous les bas de caisse pour la même somme.

Affaire conclus, il retourne avec sa mobylette et revient avec des pots de peinture, du white dans une bouteille en plastique, du papier de verre et quelques chiffons. Quatre heures plus tard, tout est nickel.

TAROUDANNT

15 novembre                                                                                                                                                                                                                      Nous arrivons à Taroudannt et nous installons sur le parking municipal. Cette ville fortifiée est authentique et propre. Les remparts sont tels un décor de cinéma. Le souk est animé et nous nous faisons alpaguer par tous les vendeurs. Tout le monde nous dit « bonnejour, ça va ? » et de temps en temps «  un dirham ! » Et puis toujours ces chats qui feraient le bonheur de Chantal. Brigitte veut un tapis de petite dimension, aussitôt tout est déballé. Puis les négociations commencent. Brigitte m’épate de plus en plus, elle réussit à diviser le prix par cinq en moins d’une heure. Nous passons dans une échoppe de poteries, résolus à ne rien acheter. Ils semblent le comprendre, nous retrouvons dans une réserve de babouches, le vendeur est très sympathique et nous dit que le tapis acheté a le label haut de gamme. Je me demande si elle ne va pas réussir à lui revendre plus cher !

 

 

Le patron entre dans la réserve et une discussion s’engage sur le commerce. Il est impressionné et comprend vite que nous n’achèterons rien si ce n’est utile car notre voyage ne fait que commencer. Le vendeur nous emmène alors dans tous les endroits où travaillent des artisans. Nous verrons les sculpteurs, les presseuses d’huile d’argan, et autres artistes. Je lui laisse dix Dh et nous rentrons. Brigitte nous prépare une tagine à la cocote avec tous les légumes et épices qui vont bien et nous proposons au gardien une assiette. Il accepte, trempe son pain et fait goûter à son collègue qui venait de manger qui accepte une assiette.Lorsque nous retournons en ville, ils la félicitent sur ses qualités culinaires

16 novembre                                                                                                                                                                                                                       Nous sommes réveillés par un policier qui nous somme de partir car il y a la grande prière. Nous arrivons à Talouine, capitale du safran. Nous sommes au km 3802.

TALIOUINE

Entourées de collines ressemblant à des dunes géantes, les maisons en terrasse sont de la couleur ocre du sol.  En nous dirigeant vers l’auberge où nous nous installerons, un couple nous fait des signes, c’est Monique et Alain.   Nous nous donnons rendez vous le soir et entrons dans l’auberge de Toubkal. Elle est au milieu de rempart et les emplacements sont en terrasse. Décor et environnement splendide. A peine installés, nous enfourchons les vélos et redescendons. Je décide de trouver un électricien auto, après quelques questions, le téléphone arabe se met en route, un dépanneur range nos vélos dans l’atelier d’un collègue et nous invite à monter dans sa voiture pour aller voir le camping car.      Je m’attends au pire, personne n’ayant trouvé la cause de ce problème de démarrage quand le moteur est tiède. Il sort un tournevis, une clé plate et deux fils, ausculte, retourne au village, revient, change un relais qu’il place en direct à proximité du démarreur. Au passage il vérifie l’éclairage, démonte un clignotant et perce un trou avec le fer à souder qui n’est autre qu’une bougie de préchauffage branchée sur la batterie. 150 Dh ! soit environ le dixième de ce que m’aurait demandé le concessionnaire Citroen en France, à condition qu’il ne propose pas l’échange du démarreur ou du neiman.  Il nous propose même de retourner chercher les vélos dans sa camionnette.   Nous lui donnons finalement rendez vous demain à 10 h pour les récupérer. Nous passerons la soirée dans le camping car De Monique et Alain autour d’un petit verre de Baileys.

 17 novembre

Nous allons à pieds à travers les jardins jusqu’au village pour récupérer les vélos. Nous croisons des gosses de Quatre à six ans : » bonnejour, bonbon, gateau, dirham ? »    Après être allés à pieds chez notre électricien, nous remontons à vélo à l’auberge Toubkal. C’est vraiment un coin superbe. Nous ferons du farniente à la piscine.    En fin d’après midi, je demande au gardien de transférer mes mises à jour sur internet, pas de problème.

 

18 novembre

Comme d’habitude, je suis réveillé à 6 h, je traîne un peu et je me lève pour déjeuner. Je mets le PC en route pour écrire ce que nous avons vécu la veille.             Vers 8 h, je prépare le café de Brigitte et le temps qu’elle déjeune je prépare le départ pour la prochaine étape. Lorsqu ‘elle part se doucher, je mets en route et il démarre du premier coup sans broncher, merci Abdoula. J’entame alors une marche arrière, braque et descends une pente plutôt abrupte. Je trouve que le camion est un peu debout. Je serre le frein à main, descends vérifier la position et m’aperçois qu’il est en fâcheuse position. Je ne dois pas reculer sous peine d’arracher mon bas de caisse arrière. Je mets alors deux grosses pierres sous les roues arrière et je tente d’avancer. Et bien il refuse de bouger et se contente d’enfoncer les roues avant. On n’est pas dans la merde. Je sors la sangle que m’a donné Sébastien, l’accroche à l’anneau, mais je ne trouve pas de point d’ancrage. J’appelle le gardien à mon secours qui vient rapidement avec du renfort. Une grosse corde est alors passée autour d’un rondin de bois situé derrière un mur et avec un moufflage de fortune, l’équipe se met en position pour tracter pendant que je mets les chevaux. Et ça vient tout seul !  Tout se termine bien, nous prenons la route de Tafraoute. Bien entendu, la carte est fausse, la route est indiquée au sud de Taliouine alors qu’elle est 10 km au nord.  Arrivés à Irherm, la jauge de carburant est un peu dans le rouge et la prochaine ville est à 100 km. Nous n’ avons toujours pas notre carte bleue marocaine et il nous reste plus beaucoup d’espèce. Je mets donc 200 Dh, soit 27 litres. Le décor est grandiose, la route se tortille entre les montagnes rouges et le long des oueds malheureusement bien secs. Nous croiserons pendant ces 180 km trois voitures et un camion. Nous nous sentirions seuls au monde s’il n’y avait ces troupeaux de chèvres et de moutons. Les rares villages sont souvent accrochés à la montagne. Lorsque la route devient un peu moins sinueuse, nous apercevons un immense troupeau accompagné de trois hommes et nombreuses jeunes filles. Je stoppe le camping car et me dirige vers eux. Les gamines éclatent de rire pour je ne sais quoi et un des hommes me propose de faire des photos de l’âne. J’en profite, je prends également les gamines, le puit et le troupeau. Brigitte arrive telle une extra-terrestre alors qu’elle a pourtant chaussé ses ballerines à paillettes. Le plus vieux lui propose de monter sur l’âne. Pourvu qu’elle reconnaisse la tête de la queue ! La citadine pourrait même croire que c’est un chameau ! Je plaisante bien sûr puisqu’elle enjambe le destrier sans chuter. Les éclats de rire fusent de partout, je fais des photos et me dis soudain que le son de cette ambiance mériterait le caméscope. Brigitte retourne chercher l’appareil et une boite de pin’s. Je filme la distribution de cadeaux et soudain intervient un homme presque agressif qui demande 200 Dh et se présente comme le chef du groupe. Je lui dis que nous ne sommes pas de Américains, ça ne le fait même pas rire, il devient franchement agressif. Je sens la pression qui monte, il n’aura certainement pas ce qu’il demande, mais ça risque d’être chaud ! Soudain Brigitte intervient fermement en lui disant qu’elle aussi est chef, qu’il n’aura rien. Un troisième homme arrive, plus âgé et plus sage. Il a travaillé en France chez Renault pendant 40 ans et a eu la médaille du travail. Il s’exprime dans un français parfait et nous parle de la France, son deuxième pays. Je lui demande s’il est le grand chef, il me confirme, Brigitte dit alors à l’autre : » tu es un petit chef, moi je suis un grand chef ! » Et toc ! En plus, l’énergumène s’excuse auprès de Brigitte. Finalement, je sors un tee-shirt que je lui donne et tout rentre dans l’ordre, nous partons salués par tout le monde.                                                                             

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