LA REMONTEE

 RETOUR SIDI IFNI

 17 décembre 19 décembre

Nous sommes en terre Berbère, le sol est rouge, les champs de cactus s’étendent à perte de vue et le relief s’accentue. Arrivés à Sidi Ifni, nous avons dépassé les 8000 km. Nous retrouvons le camping El Barco un peu plus peuplé.

18 décembre  Le tour du village nous fait rencontrer de vieilles connaissances et d’autres voyageurs.  Bénédicte et son ami sont Autrichiens, elle est d’origine française et les échanges de souvenirs de voyage animent la discussion. Une fois de plus nous sommes invités en Autriche par des gens extrêmement sympathiques.  Ce soir, nous dînons à la résidence Sidi Ifni. Le patron n’est autre que l’acteur allemand Artus MATTHIESSEN. C’est ce SS du film « la liste des schindler's »       Il est cette image allemande stéréotypée par son regard clair et son allure impeccable mais non rigide. Il parle français, et je lui réponds en Allemand. Il s’est installé ici et a refait cette résidence qui domine la mer. Il possède une collection de photos du Sidi Ifni des années soixante et se passionne pour cette époque révolue quand le cinéma fonctionnait à guichet fermé. Une riad, quatre suites, des tentes sur l’immense terrasse et un restaurant permettent aux touristes de passer un séjour agréable dans cette ancienne ville  espagnole.

 

www.residencesidi-ifni.com/tes9/                           Artus devant la photo avec Spielberg

 

Une atmosphère étrange baigne ces lieux chargés d’histoire, et les chanteurs français classiques des années soixante amplifient ce côté surréaliste. J’ai l’impression d’être dans un de ces films où le personnage a fuit la civilisation moderne et rencontre des gens comme lui, dans une sorte de club fermé où l’on savoure un exil dans une ambiance parfumée de symboles du temps passé. J’apprécie cet instant avec Brigitte comme si nous étions dans une fiction. 

Son ami, le parapentiste que nous rencontrons est lui aussi un peu marginal, passionné par le vol, parlant de voile, de caissons, d’air et de thermiques. Il est moniteur et totalise plus de dix milles vols, a réalisé le rêve d’Icare sans se brûler les ailes et a parcouru tous les sommets de la planète. Rendez vous est pris pour un vol en tandem samedi, si la météo le permet. Ce sera mon cadeau de Noël.

Ce fut encore une soirée peu banale.

www.parapenteaumaroc.com

 

20 décembre

On sent bien que la fête du mouton commence demain. C’est un peu le Noël marocain, la fête familiale, les vacances. De nombreux commerçants nous informent de la fermeture de leur boutique pour trois jours, voir plus.

Le tour de ville se termine par une visite à la boulangerie. Brigitte demande aux commis de « mettre la main à la pâte » car la prochaine fournée n’est pas prête. Elle jette les boules de pâte dans les rouleaux, ouvre les fours, va aux fourneau, et fini par faire les deux seuls pains qu’elle veut acheter. Le commis nous propose alors d’aller prendre une consommation au bar le plus proche, il nous apportera le produit fini. Commence alors une conversation avec un de ses amis qui parle très bien le français et lit Zola. Hassan connaît beaucoup de sujets et a un vocabulaire très riche. Il nous parle de politique, d’économie et de religion.

 

21 décembre

Nous retrouvons nos amis du premier jour. Monique et Alain passent la nuit ici et descendent ensuite vers le sud.

Aujourd’hui, c’est la grande fête de l’année, la place de la résidence est envahie de monde, on se croirait aux heures de pointe dans le métro parisien. Les Marocains sont en grande tenue et flânent sur la corniche. Nous prenons un verre chez Artus et passons un moment avec Oliver qui tente des prévisions météo pour le vol de demain.

 

2 décembre                                                                                                                                                                                                                   Nous n’avons pas de chance à Sidi Ifni. Une nouvelle vague de pluies torrentielles s’abat sur nous. Nous avons retardé notre départ pour que Brigitte vole et je me demande si nous allons encore rester longtemps. Les oueds sont chargés de terre rouge, la mer se teinte de longs rubans pourpres. Nous dînerons à la résidence avec Oliver.

 

 23 décembre                                                                                                                                                                                                                    Le temps semble favorable au parapente. Quand nous montons prendre un verre à la résidence, nous croisons notre parapentiste en train de charger son coffre de voiture. Il dit à Brigitte d’aller mettre des chaussures adaptées pendant qu’il termine et à onze heures, nous nous retrouvons pour rejoindre le sommet qui domine Legzira. Le manche à air se gonfle aussitôt installé. La vue est magnifique, les alluvions drainées dans les montagnes rouges se déversent dans le bleu profond de la mer et créent d’insolites fractales.

Le premier décollage échoue, puis le vent tourne et le tandem s’élève comme une mouette portée par un courant ascendant. La voile est prévue pour cent quarante kilos minimum et l’ensemble pèse à peine cent dix kilos. Après quelques circulaires, le parapente s’éloigne rapidement vers la côte. Je ramasse tout le matériel, m’installe au volant et rejoints le lieu de l’atterrissage.  Brigitte est ravie alors qu’elle avait une appréhension non dissimulée aimerait  recommencer.

Nous dînerons au Nomad, servi par le frère du patron avec le frère d’Artus et Oliver.

  

RETOUR AGADIR

24 décembre      Il est temps de rejoindre Agadir pour une retraite avant le deuxième voyage qui se déroulera dans le sud de l’Atlas. Après avoir traversé Irherm, les champs de cactus et Tiznit, nous arrivons à Agadir. Nous ne nous sentons plus vraiment au Maroc mais plutôt à Toulon, Bandol et Hyères rassemblés. C’est tout sauf le Maroc, on y parle toutes les langues et y rencontrons les vrais touristes arpentant la route de la plage. Notre souci et de retirer notre carte bancaire et tenez vous bien, elle se serait égarée dans une autre agence ! Je passe les détails de colère de Brigitte, une nouvelle carte va être refaite et ça prendra sans doute une semaine. Nous allons prendre un café à la pizzeria où nous avions rencontré Fernandel, et nous installons pour une nuit dans le camping municipal.  C’est le réveillon de Noël, nous ne savons pas du tout ce que nous allons faire. Après quelques allées et venues nous choisissons le Camels. Nabil est un serveur peu ordinaire, qui parle cinq langues, nous sacre couple de la semaine et offre cinq roses à Brigitte. Fernandel a du souci à se faire, la concurrence est rude, Nabil connaît lui aussi des tas de citations : « la jeunesse passe, la vieillesse la remplace, la mort les ramasse, mais les plus beaux souvenirs restent toujours à leur place. » et il est heureux d’apprendre celle en allemand que m’a appris celui que j’ai baptisé le philosophe Gadiris.

  

25 décembre     C’est Noël et tous les Marocains nous le souhaitent. Pour la première fois depuis notre départ, nous allumons la télévision. Nous apprenons que des Français se sont fait assassiner en Mauritanie, ce qui ne nous réconciliera pas avec ce pays que nous avons si peu apprécié.

Nous allons certainement passer une semaine à Atlantica parc en attendant que la banque nous appelle pour nous remettre notre carte. Nous allons donc nous installer confortablement comme les « tout tristes » qui sont ici pour six mois. Ce sera long car nous l’avons le virus des voyageurs nomades et autonomes, nous l’avons la bougeotte, et surtout nous n’avons pas celui des « voyageurs d’hôtels » La liberté est malheureusement parfois contrariée par les aléas administratifs.

 

26 décembre     Pendant cette journée de grand rangement et nettoyage nous ferons une pause piscine. Ce camping de grand luxe se permet beaucoup de fantaisies en ne se prive pas de monter les prix du fait de son éloignement d’Agadir. Les journaux, le pain, le coiffeur, la tasse de café, tout est largement majoré et chaque boutique et artisan paye un large tribu au propriétaire. Ce camping présenté par les guides comme la référence n’a que deux postes internet et ne dispose même pas de word. Le tarif horaire est le double des meilleurs cybers. Bref, nous n’avons pas le choix et devons encore rester à cause de la banque, l’essentiel est que les autres soient satisfaits. Quoi qu’il en soit, cette liberté du camping cariste que je revendique ne nous permet pas toujours de déménager quand nous le voulons. Nous vivrons donc cette semaine comme des sédentaires dans leur cocon.

 

27 décembre   Nous allons à Agadir pour vérifier les prix dans le souk et constatons que c’est un peu moins cher, mais il faut ajouter la main d’œuvre. Un vendeur de montres nous présente ses copies de marques et nous faisons la connaissance d’un sourd muet qui nous initie au langage des signes, nous demande notre mail et promet de visiter mon site et y laisser un mot dans le livre d’or.

Le souk d’Agadir est un véritable labyrinthe abrité du soleil où des vendeurs de tissus, de meubles, de cuir, de poteries et d’objets en bois vantent leur marchandise comme étant la seule authentique ou de la meilleure qualité.

  

3 janvier 2008    Nous sommes bloqués depuis deux semaines à Agadir et ça commence à être long. Cette période sédentaire nous a surtout fait dépenser pour le camping car. L’investissement sera rentable à moyen terme, mais représente tout de même une coquette dépense que nous n’avions pas programmée.

L’installation d’un panneau solaire de 145 watts, l’achat d’une troisième batterie de 120 ampères, le changement du décodeur numérique et de le tête de réception satellite nous assure un confort appréciable et une autonomie plus grande. Brigitte a fait refaire les banquettes et les rideaux et changé le miroir. Notre « maison » s’embellit de jour en jour. Il ne reste plus qu’à inventer une machine à fabriquer de l’eau pour que nous puissions rester aussi longtemps que nous le souhaitons dans les coins les plus paumés. Cet équipement nous a coûté bien moins de la moitié, main d’œuvre comprise.

En attendant, j’ai l’impression de me vautrer dans  la routine. Piscine, infos françaises, dodo, piscine…

Nos voisins, un couple de Hollandais très british en apparence, nous ont invités à prendre un verre. Ils parlent français avec un accent délicieux. Ils vivent chaque année cinq mois au Maroc et trois ou quatre en Bourgogne où ils ont acheté un terrain avec une colline. Le village de proximité compte quatre vingt habitants et la plupart les connaît parfaitement. Ils ont le doux surnom de « les amoureux de la colline » Une fois de plus, nous avons découvert des camping caristes convertis au nomadisme, vagabondage et instabilité dont la vie professionnelle s’est déroulée autour de la planète. C’est en flânant toute leur vie que bon nombre d’aventuriers sont devenus les nouveaux bohémiens qui sillonnent les routes  et s’installent un instant en pensant à l’étape suivante. Il est sûr que plus l’âge avance, plus les étapes sont longues, moins elles sont nombreuses et plus elles deviennent le sel de la vie. Mariane et Jacques, nos coquets Hollandais, vivent ainsi en exil et retrouvent leurs racines pendant deux mois chaque année. A cette occasion, ils retrouvent leur famille et amis qu’ils ne manquent pas d’inviter où ils vivent le reste du temps dans leur camping car.

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Date de dernière mise à jour : 28/01/2014

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