EXTREME LIMITE POUR LE CAMPING CAR

 

MAURITANIE

 

 6 décembre                                                                                                                                                                                                                Avant de partir, nous allons rendre visite aux trois aventuriers, ils lèvent à peine, Benjamin a été malade toute la nuit. Avant de les quitter, nous faisons une photo et échangeons nos coordonnées. C’est parti pour les quatre cents derniers kilomètres qui nous séparent de la  Mauritanie. Le décor est toujours aussi monotone bien que de temps en temps nous apercevions la mer. u trois centième km, nous faisons le plein à cap Barbas et continuons la lente traversée, le soleil tape fort mon bras gauche est en feu. En arrivant à la frontière Marocaine, nous sommes contrôlés par la police, la douane et l’armée. Deux véhicules français sont fouillés, tout est sorti, les matelas, les roues de secours, les sacs et jerricans. Nous attendrons une heure et demie, le numéro de châssis du camion est illisible, il part, il revient, il repart… Pendant ces aller et retour, les mouches marocaines ont quitté le navire. Elles viennent de faire 400 km et vont être un peu paumées. Finalement, ils arrivent à trois et entrent dans le camping car. Lorsqu’ils veulent ouvrir les placards, Brigitte les stoppe net et leur dit que c’est elle qui ouvre. Puis elle les dirige vers les photos qu’ils regardent avec attention, ils demandent où elle est quand elle était petite. uand je peux enfin démarrer, un autre douanier nous arrête et contrôle à nouveau nos passeports. Ca n’en finit pas. Avant de prendre la piste cassante, nous croisons Jean Pierre, Milo et leurs épouses. Ils sont installés pour quatre jours, nous les retrouverons donc à notre retour. La piste qui mène à la seconde douane est cassante, du rocher, des trous des bosses et des passages ensablés. C’est chaud, il faut rouler souple mais pas trop et zigzaguer entre les difficultés. Ne pas s’ensabler, ne pas taper le carter et tenir fermement le volant. Cinq kilomètre d’attention soutenue entre des carcasses de voitures ! En plus, il ne faut pas se perdre car de nombreuses traces peuvent vous emmener en plein désert. Ouf ! nous y sommes. Ca commence par l’armée mauritanienne, contrôle et visite. Même combat, Brigitte ouvre les placards elle-même, il nous demande si nous avons un coca, ouvre le frigo, nous n’en avons pas. Il se penche et découvre une boite dont il s’empare sans complexe. La douane se contente de relever nos identités, puis se sera le visa. Dix Euros par personne et dix pour le véhicule. L’assureur nous interpelle et nous vend le contrat obligatoire de responsabilité civile, dix neuf Euros. Il nous rend la monnaie du billet de cinquante en Ouguiya, trente et un Euros qui font 9300 Ouguiya. Re ouf ! arrivés au douanier portier, contrôle des papiers que nous venons de faire, cinq kilomètres plus loin, contrôle et un dernier pour la route cinquante kilomètres plus loin. Nous sommes en Mauritanie ! Au septième troupeau de chameaux, nous arrêtons de compter. ’arrivée à l’auberge ABBA se fera de nuit. Quand nous pénétrons dans le cellule, une quinzaine de mouches sont au plafond. Nous ne saurons jamais leur nationalité, la tapette claque dans le silence nocturne.  Nous sommes au km 6337.                                                                                 

Il n’y a pas grand-chose à voir à Nouadibou et si nous voulions prolonger notre visa, il faudrait aller à 450 km, à Nouakchott. Le tour de la ville sera vite fait et nous ne trouverons pas de pain qui nous convienne. Nous visitons d’autres campings et constatons que nous sommes dans le plus cher et le moins sécurisé. Nous avons quand même payé douze Euros ! Anecdote amusante, un Mauritanien me raconte que son père a travaillé avec l’armée française et qu’il a du se faire la fameuse piqûre TABDT. Cette redoutable injection nous rendait malade pendant quarante huit heures et son père, comme d’autres qui l’ont reçue, on transmis ce souvenir qui s’est sans doute déformé au cours du temps.  « les militaires français sont des surhommes car il ont été piqués à la TABDT » C’est peut être ici que l’auteur d’Astérix a puisé son idée de potion magique ! Nous sommes accostés en permanence par des vendeurs de souvenirs, de cigarettes et « d’agent de change » Nous cherchons la maison de St Exupéry que personne ne connaît. Un artisan d’un âge respectable nous invite à visiter sa boutique. Il nous reste de l’argent local à dépenser, mais sommes limités à une certaine somme. Quelques bijoux locaux plaisent à Brigitte, mais après négociations, il manque un peu d’argent. Nous lui proposons des babioles et du Doliprane. Ca marche, nous venons de découvrir une autre monnaie d’échange que nous utiliserons pour les cadeaux aux barrages de police. Heureusement, nous l’avions prévu mais ne l’avons jamais utilisé. Le Doliprane est une devise forte ! Nous trouverons finalement la maison de l’aviateur. De retour au camping, nous payons, faisons le plein et partons vers le cap Blanc où se vautrent des phoques. Nous pourrons dormir sur un parking gardé. Au quinzième kilomètre, nous empruntons une piste plutôt bonne, mais avec des passages ensablés d’une dizaine de mètres dont l’épaisseur n’est pas connue. Au premier, je m’arrête, hésite et passe finalement en deuxième et en sous régime. Ca passe de justesse ! Au deuxième, l’épaisseur est sans doute importante car je sens que je m’enfonce, mais ça passe ! Le troisième me fait longtemps réfléchir car il doit y avoir quinze mètres. Je ne pense pas le passer, j’hésite, recule, arrête, si je me plante, je vais passer au moins cinq heures dans cette fournaise. our la première fois, je refuse l’obstacle et fais demi-tour tant bien que mal. Nous repartons vers la frontière où nous passerons la nuit dans l’hostile no man’s land, entre les deux frontières où ni l’autorité marocaine, ni l’autorité mauritanienne ne ferons quoi que ce soit si nous avons un problème. En chemin, je m’arrête à proximité d’un campement nomade. Le berger car les chameaux ne reviennent qu’à dix sept heures. Il m’invite à prendre le thé, je me déchausse et pénètre dans son antre où batifole une nuée de mouches. Il s’excuse de ne pas être en forme car des chiens errants ont attaqué son troupeau et il a suivi les traces pendant trente cinq kilomètres avec son Mauser. Il a mal à la tête, Brigitte lui donne du doliprane, quelques sucres et des biscuits. Il nous autorise à faire quelques photos et nous le saluons, mais il ne serre pas la main à Brigitte, sa religion lui interdit. Nous passerons la première douane, la deuxième puis le barrage de police plutôt rapidement. A la barrière de l’armée, tout est fermé car ils mangent ! Nous ferons de même et trois quarts d’heure plus tard nous passons à la vérification. Il faut maintenant passer les cinq kilomètres de piste défoncée et encombrée d’épaves de voitures. Même tintamarre de casseroles qui s’entrechoquent dans les placards à chaque rocher qui dépasse. Brigitte qui ne supporte pas ce qui est de travers me fait remarquer que le porte vélos est de travers. J’examine et découvre qu’il s’est brisé et était à deux doigts de se détacher. Je commence à démonter le tout pour le sangler sur le toit. Sur ce territoire, Ismaël règne en maître absolu. Il vit ici, guide et renseigne les voyageurs, c’est le cador. Les épaves lui appartiennent, le parking et les pierres également. C’est un sahraoui et il connaît la moindre piste, le moindre champ de mines. Il est jeune, fanfaron et roule un peu les mécaniques dans son gros 4X4. Après quelques mots échangés, je lui parle de mon passé militaire et nous sympathisons. Pendant que je rafistole mon porte-vélos, il vient avec son véhicule et me demande de prendre la caméra. Il m’emmène voir les chameaux. Il met le pied à fond pour m’impressionner et ça envoie fort. Il maîtrise plutôt bien. Je filme le troupeau et il m’emmène ensuite voir les épaves de voitures qui ont soit cassé le moteur, soit grillé l’embrayage et sont restées ici par manque d’assistance qui de toute façon n’existe pas. La cerise sur le gâteau sera un gros Land Cruiser, ou plutôt la moitié puisqu’il est passé sur une mine. Tout l’arrière est déchiqueté, le passager tué et le chauffeur à l’hôpital gravement blessé. A plusieurs occasions, il a tenté de dissuader les Fangios de rouler vite et n’importe où, la plupart de ceux qui ne l’ont pas écouté l’ont payé très cher.

 LA REMONTEE

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